‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 351 sur 1102 · Fragm. VI; cf. VIII · texte numérisé non relu

Fragm. VI; cf. VIII

&[jt,Tv oùv, «p7jff\v, (XYvow, "cvî àXTiOetot oux ôy^ow^. C'est aussi l'opinion de saint Jean Chrysostome^, et c'est à peu près celle de saint Épiphane. Bien que celui-ci ne repousse pas absolument l'idée que l'ignorance puisse être reportée sur l'humanité, il préfère expliquer le passage de saint Marc d'une ignorance économique ou même expérimentale ^.

La divergence que nous constatons entre les Pères à propos.de la science humaine de Jésus-Christ n'existe plus dès qu'il s'agit de sa sainteté parfaite. Saint Athanase en a spécialement traité dans son premier discours contre les ariens. Jésus-Christ est non seulement impeccable (51), mais il a été spécialement sanctifié, oint par le Saint-Esprit, comme le prouvent les textes de saint Luc, m, 21, 22, de saint Jean, xvii, 19, d'Isaïe, lxi, 1, du psaume xliv, 8. Cette sanctification, le Sauveur, en tant que Dieu, se l'est donnée, à lui-même en tant qu'homme, mais il se l'est donnée afin que nous fussions nous-mêmes sanctifiés : la gratta capitis n'est pas séparée en Jésus de la gratta untonts : «uTOç lauTov ttYiaÇeij îva ^[Aetç Iv Trj àXr,6eta àYtaa9w[jt,ev (46, 47).

Ainsi l'humanité prise par le Verbe est complète dans ses éléments physiques ; si elle a été sanctifiée par son union avec lui, elle a conservé du moins sa passibilité et ses faiblesses. Mais est-elle, dans cette union, restée elle-même, nature distincte de la nature du Verbe ? N'a-t-elle rien perdu de son être ; n'a-t-elle pas été transformée dans cet acte qui l'a jointe au Verbe? Et comment devons-nous concevoir le lien qui les fait un, elle et lui? C'est le problème qu'Apollinaire avait résolu par le monophysisme, et auquel les Pères

Page 1