In Malth., liom. LXXXII
au chrétien qui les reçoit un sceau, un caractère (ffçpaYt;), le baptême, la confirmation Bt l'ordre; mais ce caractère n'est pas encore complètement distingué de la grâce produite par le sacrement '. D'autre part, saint Ghrysostome est souvent revenu sur cette idée que, dans l'administration des saints mystères, Dieu ou Jésus-Ghrist est l'acteur principal, le prêtre n'est qu'un instrument : « Les dons que Dieu nous octroie ne sont pas tels qu'ils soient l'œuvre de la vertu sacerdotale ; le tout est l'œuvre de la grâce ; le prêtre ne fait qu'ouvrir la bouche : Dieu fait tout ; le prêtre accomplit seulement un signe symbolique... L'oblation est la même, que ce soit celle de Paul ou de Pierre : c'est la même que le Christ a confiée aux apôtres, et que les prêtres accomplissent maintenant ; et celle-ci n'est pas moindre que celle-là, parce que ce ne sont pas les hommes qui sanctifient celle-ci, mais celui qui a sanctifié celle-là-. » De même pour le baptême : « Quand le prêtre baptise, ce n'est pas lui qui baptise, mais Dieu, dont l'invisible puissance tient la tête [du baptisé] ^ ». « Dieu n'impose pas les mains à tous, mais il agit par tous [les prêtres], même indignes, pour sauver le peuple [des fidèles] '^ . » Ces principes sont ceux-là même que saint Augustin développait, vers la même époque, contre le donatisme : ils proclament que la valeur des Sacrements est indépendante de la sainteté du ministre gui les confère, et acheminent la théologie sacraraentaire vers la doctrine de Y ex opère operato.
Mais il faut venir au détail puisque, aussi bien, c'est
1. Saint Cyrille de Jérusalem, celui qui a le plus complètement exposé la théorie du caractère, suppose qu'il n'est pas imprimé là où la grâce n'est pas donnée {Catech, I, 3).