Op. cit.', P. L., XXI
168 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENKE.
duire quelque chose (Hahn, §§ 3, 5) ; si l'on remarque le style lapidaire et la brièveté ferme de sa rédaction, l'absence dans son énoncé de toute allusion aux hérésies dominantes au ii^ siècle, on admettra sans difficulté que le symbole romain est contemporain au moins de saint Justin, ou même on le reportera plus haut encore vers le commencement du ii^ siècle.
Quelle en était, à cette époque, la teneur exacte? On ne peut la déterminer qu'approximativement, en s'aidant des textes postérieurs, mais en écartant avec soin de ces textes tout ce qui n'est point accepté ni appuyé par les auteurs plus anciens. Cette méthode a conduit au texte suivant : Uiartîibi eiç [Iva] Qeov « TtaTÉpa » iravToxodcTopa, xal sîç 'Iviffoïïv XptffTOv tov utôv auToïï tov xupiov fjp.wv, Tov Y£vvr,9svTa Ix Tcapôivou, tov èni Dovtiou IIiXdtTOu ctau-
pO)Ô£VTa, TY) TplTV) ^ifASp» ^VKffTOtVTa Ix VEXpCOV, àvaêoCVTa SIC TOÙÇ
oupavovç, xaS-i^uevov Iv SeÇia xou Ttatpôç, oôsv Ip^eToct xptvat Cwvraç Koà VExpouç, xal elçTO -nveuf^a ayiov.
Dans ce texte, le mot eva, effacé depuis, est primitif : on suppose qu'il disparut lorsque se produisit l'hérésie monarcliienne qu'il paraissait favoriser. C'est à cette occasion aussi, pensent quelques critiques, que l'on ajouta îraTÉpa, afin de marquer plus nettement la distinction du Père et du Fils. Mais cette dernière hypothèse est fort contestable, narépa est probablement primitif comme Iva et ne désigne pas seulement la personne du Père, mais affirme aussi l'universelle paternité de Dieu comme créateur.