‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 42 sur 1102 · Sec. Clem., v, 3; vii, 2, 3; xi, 5; xix, 4; xx · texte numérisé non relu

Sec. Clem., v, 3; vii, 2, 3; xi, 5; xix, 4; xx

S 6- — Les symboles de foi^.

Cette étude de l'état de la théologie dans la première moitié du n* siècle, pour être moins incomplète, demande que nous ajoutions quelques mots sur les symboles de foi reconnus à cette époque.

'1 est naturel qu'il ait existé de très bonne heure une formule courte, aisée à retenir, qui résumât l'enseignement des apôtres et des catéchistes, et que l'on fît répeter aux candidats avant de les admettre au baptême. On a voulu en voir des vestiges dans / Coj\y xV, 3,4; / Tim., VI, 13; // Tim., ii, 2, 8; iv, 1. Mais plus dignes d'attention sont les passages que l'on relève dans un certain nombre d'écrivains du n^ siècle, et qui paraissent être des traces de symbole, ou rappeler du moins des formules fixes de la prédication et de la foi chrétiennes.

Tels sont, pour l'Orient d'abord, les textes d'Origène,

1, Travaux : Caspari, Quellen zur Geschichte des Taufsymbols, Christiania, 1866. C. A. SwAiNSOX, The nicene and Apostles' creed, Lontlon, 187b. J. R. LuMBY, The history of the Creeds, 2° édit., London, 1880. C. A. Hecrtley, a history of the carlier formularics of faith of the western and eastern Churches, London, 1892. Tii. Zahn, Das a2)OStolische Symbolum, eîne Skizze seiner Geschichte und sine Prufung seines Inhalls, 2» édit., Erlangen, 1893. S. BaCimeu, Das apostolische Glaiibensbekennlniss. Seine Geschichte wid sein Inhalt, Mainz, 1893. Cl. Blume, Das apostolische Glaubensbekenntniss. Ein apologetisch-geschichlliche Sludie, Freiburg, 1893. Kattenbusch, Das apostolische Symbol, Leipzig, 1894, A. Haunack, Das apostolische Glaubensbekenntniss. Ein geschichtlicher Berieht nebst einem Nachwort, 27= édit., Berlin, 1894. J. Kukze, Glaubensregel, Heilige Schrift und Taufbekenntniss, Leipzig, 1899. A. E. BURN, An introduction to the Creeds and to the Te Deum, London, 1899. H. B. SwETE, The Apostles' Creed, its relation io primitive Chistianity, 3« édit., Cambridge, 1899, E. Vacandaud, Les origines du Symbole des Apôtres, dans la Revue des questions historiques, tom. LXYI, 1899. G. Sanday, Récent research on the origin of the Creed, dans Journal of theolog. Studies, tom. 1, 1900. Me Giffert, The Apostles' Creed, New-York, 1902. A. Seeberg, Das Evangelium Christi, Leipzig, 1905. P. Batiffol, article Apôtres {Symbole des) dans le Dictionnaire de Théologit cathO' liaua tome I.

166 LA THÉOLOGIE ANTENïCÉENNfi.

du presbyterium de Smyrne, d'Aristide, de saint Ignace réunis et reproduits par Hahn dans sa Bibliothek der Symbole^, §§ 1, 2, 4, 8. Plusieurs auteurs en ont conclu que, dès ces temps reculés, l'Orient possédait un symbole à peu près fixe, et ils ont ajouté que ce symbole, usité dès le commencement du ii" ou même à la fin du 1^"^ siècle, notamment en Asie Mineure, était passé de là à Rome pour y devenir la formule du symbole dit des apôtres, ou du moins pour influer sur sa rédaction. Mais cette théorie est loin d'avoir conquis tous les suffrages. Entre autres arguments, on a fait valoir contre elle le fait que les confessions de foi orientales, antérieures , au concile de Nicée, que nous possédons — celles de saint Grégoire le Thaumaturge, d'Arius, d'Alexandre d'Alexandrie, du De recta in Deum fide (Hahn, §§ 14, i5, 185-186) — présentent au contraire entre elles une diversité d'agencement qui reste inexplicable dans l'hypothèse d'un type fondamental commun. Ce n'est qu'à partir du concile de Nicée que les symboles orientaux offrent dans leur composition la même ordonnance, ordonnance qui rappelle celle du symbole des apôtres : preuve que ce symbole, loin d'avoir été exporté de l'Orient à Rome, a été plutôt importé de Rome en Orient lors des grands débats suscités par l'arianisme.

N'y avait-il donc, au n^ et au m* siècle, aucune formule baptismale généralement adoptée? — Si, et l'on a signalé, comme ayant dû probablement servir alors à la redditio symboU^ une courte formule dont on trouve la trace dans la XIX^ catéchèse de saint Cyrille de Jérusalem, et que l'on peut ramener aux termes suivant : Uiffxeuw eîç... TtaTspa, xa\ etç tov utôv, xal stç to Tvvsufjia TO ^'yiov, xal d<i êv pa7rrtff(Ji.a (xsTavoiaf; etç tt<p£<riv àaaptiwv.

En Occident, les choses sont beaucoup plus claires.

•i. k. Hahn, Bibliothek der Symbole und Olaubensregeln der alien Kirhe, 3" édit., Breslau, 1897.

Dès le milieu du ii® siècle, nous rencontrons une l'ormule fixe que l'on a appelée le symbole des apôtres, et qui n'est autre chose que le symbole baptismal de l'Église romaine ^

Le plus ancien texte grec que nous en ayons est celui que Marcel d'Ancyre a reproduit dans sa lettre au pape Jules, et qui date de 337 environ^; le plus ancien texte latin est contenu dans une Explanatio symholi ad initiandos qui se trouve parmi les œuvres de Maxime de Turin, mais que l'on a attribuée à saint Ambroise (f 397 ; Habn, § 34) ; — dans celle de saint Nicéta de Remesiana au v® siècle (Hahn, § 40) ; — ou encore dans le CommentariusinsymbolumaposlolorumàQ^u?\ii{\QTS 400; Hahn, § 36). Rufin témoigne^ que l'Eglise do Rome avait, dès le principe, conservé ce texte sans changement, tandis que les diverses Églises (d'Occident) y avaient fait des additions. Ce dernier renseignement est confirmé par les faits (cf. Hahn, §§ 37 sqq.).

Au, lY* siècle, vers 337, la formule du symbole romain était donc arrêtée ; mais du iv^ siècle, nous pouvons remonter immédiatement à la fin du n% car TertuUien, dans son Advei-sus Praxean (2), dans son -De praescriptione haereticoriim (13), et surtout dans son De çelandis ç^irginibus {!), nous donne, sous le nom de régula fidei, manifestement quant au fond, à Tordre et même à la forme, le symbole des apôtres tel que Rufîn le connaîtra plus tard (Hahn, §7).

Que si maintenant on veutitenir compte des rapprochements que l'on peut établir entre cette formule et certains textes de saint Justin et de saint Irénée — deux occidentaux d'adoption — qui semblent en repro-

1. s. Irénée, Adv. haeres., i, 9, 4 : OCtw Sèxal ô tôv xavovatîj; à),-/;- 6£:aç àxXivrj Iv âauTw v.aTsxwv, ôv Stà toO paTtTv^jjiaToç eï/ïj^je.

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