Anastase, Epist. I et II (P. L., XX
L'influence d'Origène se fit donc vivement sentir dans le dernier quart du iv° et au commencement du v^ siècle, dans l'eschatologie latine. Dans quelle mesure cette influence atteignit-elle les représentante officiels de la théologie, les auteurs dont nous essayons ici d'exposer l'enseignement, c'est ce que nous allonsrechercher.
Il ne paraît pas qu'elle ait agi au moins sensiblement sur saint Hilaire et Zenon. Leur eschatologie peut se résumer de la façon suivante. Immédiatement après la mort, les âmes descendent toutes aux enfers, mais elles sont soumises évidemment à un jugement provisoire, car les justes commencent à se reposer dans le sein d'Abraham, tandis que les coupablessont châtiés par le feu * : « pro qualitate factorum quasdam locis poenalibus relegari, quasdam placidissedibus refoveri^ ». Cette situation durera jusqu'à la fin du monde. Quand viendra cette fin — et elle est croche puiscpie l'antéchrist a déjà paru ^ — , Moyse et Élie annonceront la parousie, et les morts, tous les morts ressusciteront''. Mais ils ne seront pas tous jugés. Les justes en effet non plus que les infidèles et les impies manifestes n'ont pas besoin de l'être, et ils^ l'ont d'ailleurs été d'une certaine façon, puisqu'ils ont été déjà traités suivant leurs mérites. Il n'y aura donc Il être jugés que les pécheurs ordinaires, c'est-à-dire les chrétiens ayant mal vécu^. Alors se fera la sépa-
1. HiLURE, In psalm. CXXXVIir, 2-2; LI, 22; CXXII, il; CXX, 16; LVII,. S, 7; II, 48 ; Pacien, Exhortai, libellus, 11, col. 1088 D.
2. ZENON, Tract. 1, 16, 2; II, 21, 3. Il semble d'après cela que Zénoû diffère pour les justes la béatitude définitive; ailleurs cependant, il paraît l'admettre immédiatement après la mort {Tract. I, 3, 4; 1, 16,14; II, 13, 4).