Epist. VII, 11 ; In Lucam, prol., 6; IV, 37 ; Y
Luc ; a Absolutus igitur per Domini crucem... consolationem in ipsa possessione (terrae tuae) reperies : consolationem sequitur delectatio, delectationem divina miseratio. Quem autem Dominus miseratur et vocat; qui vocatur videt yocantem ; qui Deum viderit, in ius divinae generationis assumitur : tuncque demum quasi Dei filius, caelestis regni divitiis delectatur. Ille igitur incipit, hic repletur ».
De la béatitude du ciel, l'évêque de Milan n'essaie point de donner une idée adéquate, car il se rappelle la parole de l'apôtre, que l'œil de l'homme n'a point vu, ni son cœur n'a point soupçonné ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment ^ Il la représente seulement comme un état de repos parfait, d'innocence et de sécurité, dans lequel les saints participent à la gloire de Dieu, le voient face à face, jouissent de la société de leurs frères élus comme eux, et vivent d'une vie éternelle 2.
Telle est, autant qu'on peut brièvement la reconstituer dans ses grandes lignes, l'eschatologie de saint Ambroise. Cette étude montre qu'il a partagé, avec saint Jérôme et l'Ambrosiaster, la conviction que tous les chrétiens seraient tôt ou tard réunis à Dieu, et que cette conviction, par conséquent, n'était pas, à la jBn du iv° siècle dans l'Église latine, opinion hasardée et rare. C'est dans la foi chrétienne elle-même que l'on mettait la vertu qui devait opérer le salut de tous ceux qui la professaient. Par cette foi le chrétien était fondé sur Jésus- Christ, et quels que fussent le bois et la paille, c'est-à-dire les œuvres inutiles ou mauvaises qu'il édifiât sur ce fondement, le chrétien verrait un
i. Epist. XXXV, 16.
2. De obitu rAeodosù', 37, 39 ; De obitu Valentiniani, 65; De bono mortis, SO; De virginibus, I, 64; In psalm. XXXVII, 59; Epist. XXXV, 5, 13.
jour ces œuvres dévorées par le feu, mais lui-même serait épargné. Le texte de saint P^ul, I Corinthiens, m, 15, est un des plus fréquemment invoqués.
Or, ce texte est précisément un de ceux dont se sont servis les théologiens plus récents pour établir l'existence du purgatoire ; et il suffît d'ailleurs d'un instant de réflexion pour remarquer que l'êS€hatologie de la fin du IV® siècle, surtout la doctrine de saint Ambroise sur le feu purificateur du jugement, contient, ou même n'est au fond que la doctrine du purgatoire telle qu'elle a été enseignée depuis. Seulement, on exagérait cette doctrine, puisqu'on regardait comme susceptibles d'être purifiés tous les pécheurs indistinctement. D'autre part, cette eschatologie présente des incertitudes et des hésitations qui tiennent à ce que nos auteurs, Hilaire, Jérôme, Ambroise, ont emprunté aux anciens, sans toujours apporter dans leurs emprunts le discernement nécessaire. Il faut donc qu'un génie plus original et plus ferme dissipe cette confusion, et, s'il ne peut tout éclaircir, réaffirme du moins fortement les principes dont, en cette matière, on ne devra point s'écarter. Ce génie sera saint Augustin.