De corrept. et gratta
-8. De Gen.. ad litt., VI, 37, 38; De peccat. merit. et remiss., I, 7; cf. Retract., II, 24, 2.
6. De Gen. ad litt., YI, 39; Contralulian. op. ïMip., VI,39; De corrept, et gr., 9; Confess., Xin, 32.
Mais précisément tous ces dons d'immortalité, de science, de rectitude morale et de justice, dont le résultat nécessaire était une félicité parfaite^, saint Augustin les regarde-t-il vraiment comme des dons gratuits, nullement dus à notre premier père, strictement préternaturels ou surnaturels par conséquent, ou bien en fait-il l'apanage naturel de l'homme innocent, l'expression de l'état normal et régulier dans lequel Dieu devait le créer? Quelques auteurs ont opté pour ce dernier sentiment ^. Selon eux, l'évêque d'Hippone regardait l'état primitif d'Adam simplement comme l'état naturel de l'homme. Il considère en effet notre nature actuelle comme blessée, altérée par le péché : elle a donc perdu son état normal. D'autre part ia nature « quae proprie natura dicitur » est pour lui la nature intègre «in qua sine vitio creati suraus », tandis que notre nature actuelle est dite telle seulement « propter originem », origine qui est précisément affectée d'un vice « contra naturam^ ». Mais ces raisons ont leur contre-partie. D'abord la lecture des textes de saint Augustin laisse l'impression qu'il ne s'oc- •cupe guère de ce qui était possible, mais de ce qui a été et de ce qui est ; qu'il ne raisonne guère sur le naturel constitutif on consécutif ou exigible tel que l'ont défini les théologiens, mais qu'il prend l'homme tel que Dieu d'abord, puis la chute l'a fait : le naturel est l'œuvre de Dieu, le contre-naturel est l'œuvre du péché. Ensuite, notre auteur est formel pour attribuer à une providence spéciale de Dieu plusieurs au moins des dons d'Adam innocent. La justice était une gratia