‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 664 sur 1102 · De dono persever · texte numérisé non relu

De dono persever

serait possible : l'évêque d'Hippone revient continuellement sur son absolue gratuité \

Tous cependant ne sont pas du nombre des prédestinés : ce nombre est fixé d'avance et invariablement par la prescience et la puissance divine « ut ne addatur eis quisquam, nec minuatur ex eis ^. » Quel est ce nombre? Saint Augustin a émis l'opinion qu'il était au moins égal à celui des anges déchus, et il ajoute qu'il sera peut-être supérieur, mais nous ignorons d'ailleurs le nombre des anges déchus^. En tout cas les élus seront en petit nombre relativement à ceux qui périssent : K Quod ergo pauci in comparatione pereuntium, in suo vero numéro multi liberantur, gratia fit, gratis fit-*. » Tous en effet devaient être condamnés à cause du péché d'origine, et c'est pourquoi Dieu n'en sauve qu'une bien moindre partie'.

Mais alors Dieu veut-il sauver tous les hommes, et comment peut-il le vouloir puisque tous ne sont pas prédestinés? On sait comment la théologie actuelle répond à cette question. Dieu veut, d'une volonté antécédentey le salut de tous, et destine à tous pour ce but des grâces suffisantes. Malheureusement un certain nombre n'en profitent pas dont Dieu, en conséquence^ ne veut pas le salut mais la punition. Pour les enfants qui meurent avant l'âge de raison, l'explication est plus complexe à fournir : les théologiens cependant s'accordent généralement à affirmer le fait.

Quelle est, sur ce point, la pensée de saint Augustin?

Cette pensée a suscité des controverses et n'est pas

1. Enchiridion, XCVIII, XCIX; Epist. CLXXX\7, 15; De dono persever.»

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