De civit. Dei, XXI
toujours claire ^. Cela tient d'abord à ce que l'auteur ne fait pas explicitement les distinctions que nous avons signalées ; puis à ce que, argumentant contre les pélagiens qui, au fond, n'admettaient pas en Dieu de volonté spéciale prédestinant les élus, il s'efforce de montrer qu'il y a eifectivement en Dieu, par rapport aux prédestinés, une volonté qu'on ne trouve pas en lui vis-à-vis des réprouvés. La volonté absolue et conséquente est ainsi seule mise en relief, la volonté antécédente plutôt rejetée dans l'ombre. C'est surtout dans l'explication du texte de / Timothée, ii, 4, objecté par les adversaires, que se montre cette disposition : Qui omnes komines vult salvos fieri, et ad agniiionem peritatis ventre. Tantôt l'évêque d'Hippone l'explique dans le même sens que Omnes in Christo vivificabuntur, c'est-à-dire que, comme tous ceux qui seront vivifiés ne le seront que par le Christ, aussi tous ceux qui seront sauvés ne le seront que par la volonté de Dieu 2. Tantôt il voit désignées par omnes les diverses classes d'hommes, princes, magistrats, ouvriers, etc., Dieu n'excluant personne du salut précisément à cause de sa condition ^. Tantôt il fait le même mot synonyme de multi^. Et tantôt enfin il explique le mot vult en ce sens que Dieu produit dans les prédestinés la volonté d'être sauvés, à peu près comme le Saint-Esprit est dit crier en nous Abba, Pater f parce qu'il nous le fait crier ^, Il est évident que dans tous ces commentaires, saint Augustin veut éviter le sens naturel et obvie du texte ®.
Est-ce donc qu'il nie en réalité la volonté salvifique