X AVANT-PROPOS
à peine âgé de huit ans. Ce collège n'avait rien que de traditionnel dans sa pédagogie et aurait eu horreur de déraciner ses élèves. Joseph Tixeront.lùi dut de fortes études, une forte discipline, une forte piété; son éducation éveilla et développa la vocation ecclésiastique que Dieu avait mise en lui, et qui en 1873, son baccalauréat de rhétorique conquis sans effort, le conduisit au grand séminaire de Montîerrand, tenu par des prêtres de la compagnie de Saint-Sulpice.
Quand, à la sortie du grand séminaire, n'étant encore que diacre en raison de son âge, il s'ouvrit à son père de soi^intention d'aller compléter ses études théologiques à Paris et d'entrer ensuite dans la compagnie de Saint- Sulpice, il rencontra une opposition résolue. Le notaire d'Ennezat ne voulait pas admettre que son fils abandonnât le diocèse où il était né et semblât faire fi de la voie commune. Joseph Tixeront, qui n'avait aucune ambition, sinon celle d'un bien supérieur, désarma cependant l'opposition paternelle, il n'avaif plus sa mère alors, et put partir pour Saint-Sulpice : il y arriva en octobre 1878, et il fut ordonné prêtre en décembre 1879. Je me rappelle avoir assisté à son ordination.
Il demeurait au séminaire Saînl^Sulpice, mais il suivait les cours de la Faculté de théologie : il les suivit deux années. Il appartenait ainsi à un petit groupe de nos condisciples, que, jeunes séminaristes, nous considérions comme une élite privilégiée. Dans ce petit groupe je revois distinctement M. Dadolle (le futur évêque de Dijon) et M. Tixeront son ami, parmi d'au;^ très dont le souvenir s'efîace, et je me rappelle quel plaisir je trouvais à me mêler à eux, à les écouter causer de leurs études et de leurs maîtres de l'Institut