‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 705 sur 1102 · Livre d'Hér., p · texte numérisé non relu

Livre d'Hér., p

LE NESTQRIANISME. 20

eu li&u l'union, de sorte que celui-ci soit celui-là, et celui-là celui-ci ^ . »

Mais encore, pouvons-nous savoir comment, d'après Nestorius, s'établit cette unité de personne dans le Christ? Nestorius parle souvent dans le Livre d'Ré" racUde d'une sorte d'échange mutuel des personnalités entre le Verbe et l'homme, le Verbe se servant du prosôpon de l'humanité, et l'humanité se servant du prosôpon de la divinité; et l'on pourrait croire qu'il veut par là expliquer l'origine de l'unité dont nous parlons et le lien même de l'incarnation. « L'incarnation est conçue comme l'usage mutuel des deux {prosôpons) par prise et don ^. » Et encore : « Les natures subsistent dans leurs prosôpons et dans leurs natures, et dans le prosôpon de l'union. Quant au prosôpon naturel-de l'une, l'autre se sert du même en vertu de l'union : ainsi il n'y ja. qu'un prosôpon pour les deux natures. Le prosôpon d'une essence se sert dû prosôpon même de l'autre^. » Mais ce n'est pas là, je crois, le fond de sa pensée. L'usage mutuel des prosôpons, dans la théorie de Nestorius, ne constitue pas l'unité personnelle de Jésus-Christ : il est seulement une conséquence de cette unité. C'est parce que Jésus-Christ, Dieu-Homme, est une seule personne par le prosôpon d'union, qu'en lui « la divinité se sert du prosôpon de l'humanité, et l'humanité de celui de la divinité'* »; c'est-à-dire que Jésus-Christ Dieu (mais toujours homme) agit en homme, et que Jésus-Christ homme \ (mais toujours Dieu) agit en Dieu. L'unité personnelle de Jésus-Christ est constituée par une « prise » et un « don ». La personne du Verbe prend en elle la per-

i. Livre d'Hér., p. 211.

^. Livre d'Hér.,]t. ^233.

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