‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 714 sur 1102 · Inlar epist. Cyrill., Epist. XV · texte numérisé non relu

Inlar epist. Cyrill., Epist. XV

mSTOIRE DES DOGMES. — HI. 3

•A Rome, on connaissait déjà l'affaire en partie. Évêque nouvellement promu et se sentant bientôt menacé, Nestorius avait envoyé au pape Célestin successivement deux lettres \ dans lesquelles il demandait d'abord des renseignements concerhiant les pélagiens réfugiés à Constantinople, puis se plaignait d'avoir trouvé dans sa ville épiscopale des ariens et des apollinaristes qui abusaient du mot 6eoToxo;, comme si Marie avait engendré la divinité même. Or cette appellation

— bien que peu exacte — pouvait être tolérée, mais seulement dans ce sens que Marie avait mis au monde le temple humain que le Verbe s'est inséparablement uni. A ces lettres au pape était joint, nous le savons, un recueil de plusieurs au moins des commentaires de Nestorius, probablement de ses homélies sur ce sujet 2.

Ces missives du patriarche n'avaient pas reçu, à Rome, l'accueil qu'il avait espéré : elles avaient plutôt alarmé l'orthodoxie pontificale. Celles de Cyrille, arrivant sur ces entrefaites, ne purent que fortifier cette impression^. Cet envoi comprenait d'abord une lettre

— VEpistula XI — dans laquelle, s'adrèssant aU pape comme à un père (ôeo'^ iXeo-TocTO) Ttarpi) , et constatant qu'une longue coutume des églises faisait une loi de communiquer à sa sainteté les affaires de ce genre, Cyrille exposait les incidents relatifs à Nestorius, et deman-

1. LooFs, 165, 169 ; P. L., XL VIII, ITS, 178. Nestorius indique, dans la secoude, qu'il a écrit plusieurs fois déjà à Célestin à propos des pélagiens : nous ne possédons plus ces lettres.

2. Cyrill., Epist. XIII, col. 96 : TSTpàSaç IStwv iiyrfn'isbiv. Il s'agit évidemment d'écrits contenant les erreurs de Nestorius, comme le montre la suite de la lettre de Cyrille. Ce point est important: il établit qu'à Rome on ne jugea pas de la doctrine de Nestorius uniquement d'après

es renseignements fournis par son rivai.

3. C'est sans doute sous l'effet de cette impression que le futur pape I.éon demanda à Cassien d'écrire son traité De incarnatione Christi. V. P. Batiffol, Le Siège apostolique^ Paris, 1924, p. 338-346.

LE NESTORIANISME. 3&

daitune direction sur ce qu'il était à propos de faire. A cette lettre étaient joints un recueil des homélies prêchées par Nestorius dans son église *, un court résumé de sa doctrine, un dossier comprenant, avec des extraits de Nestorius, des extraits des Pères grecs sur la question en litige, et enfin les lettres que l'évêque d'Alexandrie avait écrit,es à cette occasion, c'est-à-dire le& lettres ii et rv, et probablement aussi la lettre i aux moines d'Egypte, que Possidonius déviait remettre au pape. I

Cèles tin se jugea sans doute suffisamment renseigné par cet ensemble de documents, et, avant de répondre à Cyrille, convoqua, au mois de juillet ou d'août 430, un concile à Rome. Un court fragment du discours qu'il y prononça nous a été conservé 2. Le pape, s'appuyant sur des textes de saint Ambroise, de saint Hilaire et de Damase., concluait à l'orthodoxie de la doctrine du ôeoToxo; et à l'hétérodoxie de Nestorius. En conséquence, le concile se prononça contre le patriarche de Constantinople.

Quatre lettres émanées du pape, et toutes datées du 11 août 430^, signifièrent cette sentence à Nestorius d'abord, puis aux clercs et laïcs de Constantinople, aux principaux évéques de l'orient et de la Macédoine (Jean d'Antioche, Juvénal de Jérusalem, Rufus de Thessalonique et Flavien de Philippes), et enfin à saint Cyrille lui-même. La lettre expédiée à Nestorius lui déclarait que si, dans les dix jours qui suivraient notification de la décision papale, il ne se rétractait pas publiquement et par écrit, et ne prêchait pas sur la personne du Christ « ce qu'enseignaient l'Eglise de Rome, celle d'Alexandrie et toute l'Eglise catholique »,

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