Elle est du commencement de novembre
4. V. sur euxl'arlicle du P. J. Mahé, Les anathématismes de satnt Cyfille d'Alexandrie et les évêques orientaux du patriarchat d'Antioche dans la iîeuue d'histoire ecclésiastique, Yll (1906), SOS etsuiv.
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grand rôle pour qu'on n'en indique pas l'objet précis.
Le premier affirmait la légitimité du ôsoxo'xoç.
Le second enseignait que l'union du Verbe avec la chair est une union xaô' ÔTtoertadiv.
a Si quelqu'un, déclarait le troisième, divise, dans le Christ un, les hypostases après l'union, les associant par une simple association de dignité, d'autorité ou de puissance, et n'admet pas plutôt entre elles une union physique, qu'il soit anathème ^ . »^— ^
Le quatrième déclarait que l'on ne peut attribuer à deux personnes ou à deux hypostases (îcpoffwTroiç Sualv ^youv &7toffTâcre(Ti), OU séparément à l'homme et au Verbe dans le Christ ce que les Ecritures ou les saints ont dit de Jésus-Christ.
Le cinquième condamnait l'expression ôsoçopoç avôpwTToç pour désigner le Christ, et le proclamait fils un et par nature, utov eva xat çuset.
Le sixième écartait l'idée que le Verbe fût le Dieu ou Seigneur du Christ : le même est, en effet, Dieu et homme.
D'après le septième, Jésus-Christ, en tant qu'homme, n'était pas mû par le Verbe ni revêtu de sa gloire, comme une personne qui aurait été distincte de ce Verbe.
Le huitième anathématisme rejetait l'unité d'adoration entendue au sens nestorien. L'homme pris par le Verbe ne doit pas être conadoré et conglorifié et connommé Dieu avec le Verbe, d); Exepov Iv iTspw : mais bien adoré avec lui comme le terme unique d'une unique adoration.
Le neuvième affirmait que l'Esprit-Saint n'est pas
1 . Et Ti; âicl toû évà; Xpicrcoû StaipeT ta; iizotjxâaeiç (letà Tr,v ëvbXrtv, \l6tq «ruvàiiTtav awToç cuvaçeto i^ xatà tôv à^tav, ijyouv aûÔevxiat i^ 8uvavTEÎq:, xat oO^t S^ (lS>Xov ow68({) t^ xaO' Svoxnv cpuaixYiv, àvà6e(ta latu>.
une puissance étrangère à Jésus (àXXorpia Suvatxsi), et qui lui a donné le pouvoir de faire ses miracles, mais qu'il est son propre Esprit (ÏStov aÙToC to Tzv£Zii.a.), par <jui le Sauveur a accompli ses œuvres divines.
Le dixième enseignait que notre prêtre et pontife est non un homme distinct du Verbe incarné, mais le Verbe incarné lui-même; et que ce pontife n'a pas offert le sacrifice pour lui, car il était sans péché, mais pour nous seulement.
Le onzième disait que la chair du Seigneur est la chair propre (îSta) du Verbe, et non d'un autre qui serait uni au Verbe seulement xarà Tf,v à^iav : qu'en conséquence elle est vivifiante (^wotcoioç), étant la chair propre du Verbe qui peut tout vivifier.
Enfin le douzième anathématisme proclamait que le Verbe a souffert, a été crucifié, et est mort dans sa chair (Traôovxa crapxt, xat IffxauptofxÉvov oapxi, xat ôavdcTou YeuffotfxEvov orapxt), et qu'il est devenu le premier-né d'entre les morts, étant, comme Dieu, la vie et principe de vie.
Ces formules dénotaient assurément dans leur au- ' teur un théologien exercé, et, s'opposant à d'autres formules reprochées à Nestorius, elles était combinées de façon à ne lui laisser aucune échappatoire. Mais elles offraient deux inconvénients. D'abord,. elles entraient dans un luxe de détails et de précisions que le pape n'avait point demandés. Ensuite et surtout elles présentaient le dogme dans la conception et. le langage propres à saint Cyrille, conception et langage qui, on le verra, n'étaient pas sans défaut, et que Nestorius notamment ne pouvait accepter. Ainsi, le deuxième anathématisme affirmait que l'union de la divinité et de l'humanité en Jésus-Christ était xaO' ùsôaxaaiv. Or le mot iynôaxaai^, je l'ai déjà remarqué, n'avait pas encore, en matière christologique, de si-
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gnification ferme. Pour Nestorms, il désignait la substance concrète ^ ;• Cyrille le Confond tantôt avec TupdortfjTTov, tantôt avec çûtytç^. Mais surtout l'expression evwffi; (puffixTi contenue dans l'anathématisme iii était des plus regrettables. J'ai traduit cette expression par « union physique », par opposition à union morale, qui est le sens que saint Cyrille avait en vue, comme lui-même l'a expliqué : mais il était inévitable que des adversaires prévenus la comprissent enrce sens que la divinité et l'humanité ne formaient plus en Jésus-Ch rist qu'une seule nature après runion./C'était l'apollinarisme, c'est-à-dire l'erreur même qu'ils avaient voulu combattre et dont la crainte les avait jetés dans l'oxcès opposé. Comment espérer les y faire souscrire?
Aussi ne le voulurent-ils pas. Nestorius répondit aux anathématismes de saint Cyrille par douze contreanathématismes^, dans lesquels il maintenait sa doctrine et condamnait celle de son rival, où il prétendait toujours voir l'apollinarisme. Jean d'Antioche, et les antiochiens mêmes qui d'abord avaient conseillé à Nestorius la soumission, se trouvèrent retournés. André de Samosate, au nom des évoques d'Orient *, Théodoret, en son nom personnel ^, attaquèrent l'écrit de saint Cyrille et notamment l'anathématisme m qui
i. V. plus haut, p. 2i, note 7.
2. Anathém. II, lU, IV, et ailleurs. V. plus bas, p. 61. Cyrille protesta que, par cette union xa6' ÛTrocTacrtv, il entendait seulement que la nature ou l'Iiypostase du Verbe s'était unie à la nature humaine en vérité, mais sans transformation ni fusion, xarà àXf,6Eiav évtoOeti; Tpoityj; Tivo; àiya y.al av-fx^aetùii [Apologet. pro XII capitulis contra Theodoretum, col. ûOl).
3. LooFS, 211. Leur authenticité est rejetée par E. Sckwartz. Batiffol' p. 364.
4. Rappelons-nous que, au v« siècle, le mot Orient désigne spécialement le diocèse d'Orient, c'est-à-dire la région qui correspond à peu {)rès au patriarcat d'Antioche.
o. Outre cet écrit, Théodoret dirigea aussi contre les anathématismes sa lettre CLI.
leur paraissait enseigner en Jésus-Christ l'unité de nature. Cyrille répondit à ces critiques ^ et, sur Yivt»aiç çufftxv] en particulier, expliqua que le mot «puef ixti ne signifiait pas autre chose, dans sa pensée, que yraie et réelle : Eî 8è S^ ^éyoïfAev çuaix^iv ttJv Ivwcriv, t^v " àXY)6îî œafiLEv... ''Evwatç opuorix'}), tout£(ttiv àXviô;^?^. 11 sentit toutefois le besoin de se justifier encore, et publia plus tard une troisième ExpUcatio duodecim capitum^, toujours pour repousser le reproche d'apollinarisme qui lui était fait.
Mais en somme, au début de 431, rien n'était conclu. Nestorius ne s'était pas soumis; les évêques orientaux, s'ils n'approuvaient pas ses excès doctrinaux, soutenaient du moins sa personne ; l'empereur le soutenait aussi. 11 ne restait plus que la voie d'un concile général. Nestorius l'avait demandé au pape ; les moines de Constantinople l'avaient demandé à l'empereur ^ ; Cyrille l'avait réclamé à son tour®. Théodose II et son collègue Valentinien III le convoquèrent pour le jour de la Pentecôte, 7 juin 431, à Éphèse. Le pape y délégua les deux évêques, Arcadius et Projectus pour représenter le concile romain et, pour le représenter lui-même personnellement, le prêtre Philippe. Il voulut que Nestorius, bien que déjà, condamné, y assistât^.
i. Apologeticus pto Xn capitîbus contra orientales, Apologeticus pro XII capitulia contra Theodorelum (P. G., LXXVl, 316, 39ï).