‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 723 sur 1102 · MaSsi, V, 8fi · texte numérisé non relu

MaSsi, V, 8fi

3. L'pist. XL, XLIV, XLV, XL VI, à Acace, à Eulogius, à Succensus. t. Mansi, V, «î)0.

S. V. la lettre de Théodoret à Nestorius, SUiist, V,898; P. G., LXXXIII,

li. JUN31, V, 96S.

LE NESTORIANISME. 63

même accepta le symbole, tout en refusant d'anathématiser Nestorius. En 435, Théodose II, voulant éloigner la cause du conflit, fit sortir Nestorius du couvent d'Euprepius et l'exila à Petra, en Arabie, puis plus tard à l'Oasis d'Egypte. Nestorius y composa, sous le titre de Livre dHéraclide de Damas, sa fameuse apologie récemment retrouvée ; mais il y souffrit beaucoup. Sa mort se place en 451, entre la convocation et la tenue du concile de Chalcédoine.

§ 5. — La fin du nestorianisme i.

Ainsi pourchassé dans l'empire officiel, le nestorianisme trouva d'abord un reîuge dans la viUe qui protégeait la frontière à l'est, à Edesse. Il y avait là une école célèbre, en possession de donner l'enseignement non seulement aux osrhoéniens, sujets de l'empereur, mais aussi aux jeunes chrétiens perses, sujets des Sassanides, qui passaient la frontière pour en suivre les leçons, et appelée à cause décela Ecole des Perses. Les noms et la doctrine de Diodore de, Tarse et de Théodore de Mopsueste y étaient généralement révérés. L'évêque Rabbulas, il est vrai, après avoir fait campagne avec Jean d'Antioche, s'était retourné, dans l'hiver de 431-432, du côté de Cyrille, à qui il avait même dénoncé le cilicien (Théodore de Mopsueste) comme le vrai père du nestorianisme *. Il s'était efforcé de supprimer les écrits de Théodore; mais il avait rencontré soit dans le clergé, soit dans l'école, une résistance sourde qui, pour se dissimuler devant

1. V. sur ce paragraphe : J. Lacourt, Le chriatianiame dans i'ent' pire perse sous la dynastie sassanide (224-632), Paris, 190*. W. A. Wi- GRAM, An introduction to the history of Ihe Asàyrian Church, London, 1910; elles sources indiquées par ces deux auteurs.

a. aussi, V, 076.

54 HISTOIBB DES DOGMES

ses mesures implacables, n'en restait pas moins opiniâtre. Aussi à sa mort (435), une réaction se produisitelle qui porta sur le siège épiscopal un des représentants de l'opposition, Ibas. Ibas était un orthodoxe dans la nuance de Théodoret, fort mécontent que Nestorius n'eût pas accepté simplement le ôeoxôxoç, mais d'ailleurs ennemi juré de saint Cyrille, et partisan décidé de Théodore de Mopsueste dont il avait traduit en syriaque et répandu les ouvrages. On sait qu'il avait écrit, en 433 probablement, à l'évêque d'Ardaschir, Maris ^, une lettre devenue fameuse, où il racontait, au point de vue oriental, toute l'affaire du concile d'Ephèse et de la paix conclue entre Jean et Cyrille, et s'élevait contre le zèle intolérant de Rabbulas à poursuivre les ouvrages de Théodore. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette lettre qui valut à Ibas bien des ennuis. Mais on comprend que, sous un pareil évéque, et malgré l'existence, parmi les étudiants, d'une minorité monophysite résolue ^, l'école d'Édesse ait pu librement suivre ses sympathies nestoriennes.

Les mauvais jours ne tardèrent pas à venin pour ^Ue. En 457, sous le successeur d'Ibas, Nonnus, un premier retour offensif de l'orthodoxie força à s'éloigner de l'école les plus ardents partisans de Théodore de Mopsueste, entre autres Barsumas et Narsès K Ils passèrent la frontière perse, et Barsumas, devenu évêque de Nisibe, fonda dans cette ville une école

1. Beit-Ardaschir est Ta ville capitale de la Perse, Séleucie. Or, l'évêque de Séleucie était alors Dadiso. M. Laboun {op. cit., j). 133, note 6) pense que l'on pourrait résoudre la difficulté en supposant que le .nom Maris, donné par les auteurs grecs, est siroplementla reproduction du titre d'honneur syriaque Mari (Monseigneur), qui précédait le nom de l'évêque d'Ârdaschir.

2. Philoxène, le futur évêquede Mabboug, s'y trouvait à ce moment.

Page 1