‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 724 sur 1102 · Sur Narsès et J&arsumas, Bardknhevter, l.ïv, p · texte numérisé non relu

Sur Narsès et J&arsumas, Bardknhevter, l.ïv, p

LE NESTOMANISME. 55

dont Narsès, « la harpe du Saint-Esprit », resta le maître vénéré pendant cinquante ans. Aussi, lorsque, en 489, l'évêquè d'Edesse, Cyrus, ferma définitivement, sur l'ordre de l'empereur Zenon, l'école des Perses, maîtres et étudiants expulsés, franchissant à leur tour la frontière, trouvèrent à Nisibe un asile tout prénaré. Là, dans l'isolement où ils vivaient du monde byzantin, ils ne purent que développer encore les tendances dyophysites outrées qui les animaient. Nisibe devint, pour longtemps, la forteresse doctrinale du nestorianisme.

Afin, du reste, de rendre cet isolement plus complet, Barsumas travailla à faire de l'église persane une ésflise absolument nationale et autonome. Pour atteindre ce but, il ne craignit pas de déchaîner la persécution païenne contre les orthodoxes, en représentant au roi Peroz (457-484) qu'il ne pourrait compter sur la fidélité de ses sujets chrétiens qu'à la condition que ceux-ci renonçassent à la communion religieuse de l'empereur de Byzance. Son plan réussit, et tout lien désormais fut rompu entre l'Eglise grecque de Constantinople et celle du royaume sassanide.- Cette dernière reconnut pour chef suprême, pour catholicosy l'évêquè de Séleucie-Ctésiphon, et, assez vite, malgré ses dissensions intérieures, malgré même les persécutions qu'elle dut encore subir, fit des prosélytes en grand nombre et étendit au loin spn activité conquérante. L'historien Cosmas Indicopleustès^, qui écrivait au milieu du vi® siècle, rapporte que, à cette époque, les îles de Socotora et de Ceylan étaient en relations fréquentes avec la Perse, et qu'à Ceylan 'existait une Eglise relevant du catholicos de Séleucie-

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Ctésiphon. C'est par Ceylan, voie de commerce entre le golfe Persique et la Chine, que les nestoriens firent, les premiers, pénétrer le christianisme en Tartarie et devinrent, dans l'Extrême-Orient, les précurseurs de saint François Xavier et de nos missionnaires. Cette vaste organisation fut brisée, au \n° siècle d'abord, par les Arabes, et aux xiii" et xiv' siècles, par les invasions mongoles. Il n'en reste presque plus rien.

Au point de vue doctrinal, les nestoriens dissidents saluèrent d'abord comme une victoire pour eux la lettre de saint Léon à Flavien et les décisions de Chalcédoiue qui proclamaient le Christ en deux natures * . Mais j en Perse du moins, ils s'en tinrent de préférence à la formule de paix de 433, qui leur paraissait plus favorable. Là, d'ailleurs, Nestorius était moins connu, et c'est à Théodore de Mopsueste que l'on se rattachait plus volontiers. L'hénotique de Zenon (482), suivi de la fermeture de l'école d'Edesse et de la définitive constitution de celle de Nisibe, détermina cependant un mouvement plus prononcé vers l'hétérodoxie. Du esoToxo; il ne fut plus question, sinonr pour le condamner absolument : on rejeta et la communication des idiomes, et lé sens donné par le concile de Chalcédoine au mot hypostase, sens qui l'identifiait avec TcpoffojTTov. 'Yuo'cxaffK; continua d'être rapproché de çufftî, et le Christ fut déclaré être en deux natures, deux hypostases et une personne^. C'est ce qu'enseignent le canon i du concile de 486 ', et l'homélie de

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