Epist. XLVI, col. 2M B
6. Adv. Nest. blasph., II, 1, col. 63. Cf. De recta fide adreg.,l, 4; II, 9, 16, 27, 33, 37.
LE NESTOMANISME. 65
« Je confesse moi aussi, écrit Cyrille, qu'il y a entre la divinité et l'humanité une très grande difTérence et distance; car, ces deux choses sont. diverses quant à la qualité de leur être (xaxà YÊTÔv TGûitûç eîvatXôyov), et elles ne paraissent en rien semblables l'une à l'autre. Mais, dès que survient le mystère du Christ, l'idée de l'union ne méconnaît pas la différence, mais elle exclut la division : elle ne mêle pas et ne confond pas les natures (où (7UYXÉWV i\ àvaxipvûv- xà; çuTSfç), mais, parce que le Verbe de Dieu a participé à la chair et au sang, on comprend et on dit qu'il n'y a qu'un seul Fils i. »
Nous trouvons ici raffirmation par Cyrille de l'existence en Jésus- Christ d'une vraie sature humaine après l'union, et l'expression technique qui lui sert à désigner cette nature. Cette expression n'est pas cpucrtç, nous l'avons remarqué; c'est tSiÔTYiç vj xa-ri tfuaiv, ou bien ô Toû irwç eTvai Xôyoç, OU même et plutôt iroio-niç cpudixvi, comme il le dit lui-même en joignant ces deux formules 2. C'est là proprement la nature en tant qu'elle
s'oppose à la personne, «puatç, uTCOGTraai; ou TcpoffWTrov.
L'humanité du Christ, d'ailleurs, ne conserve pas dans l'union seulement son être intime, elle garde aussi ses propriétés, c'est7à-dire sa passibilité, ses faiblesses, ses infirmités, ses besoins, ses passions honnêtes. Elle a souffert de la faim, de la soif, des mauvais traitements qu'elle a subis ^.
Dès lors, et puisque Jésus-Christ est ainsi et à la fois vraiment homme et vraiment Dieu, il est consubstantiel à sa mère aussi bien qu'à son Père : ôfjLooudiov xr, (Ar,Tpi 6î Tw Tratpi, xaôèbçot icaTlpsç elpi^xaffiv "*.
Tout ce qui précède, cependant, nous dit en quoi l'union ne consiste pas plutôt qu'il n'en donne une idée
1. Adv. Nestor, blasph., îl, 6, col. 83. Et v. Apoîog. contra orientalesy col. 329 D; Apolog. contra Theodoret., col. 423 A.