‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 750 sur 1102 · Maksi, VI · texte numérisé non relu

Maksi, VI

reçu à sa communion et illégalement réintégâ-éEutychès, légitimement condamné par Flavien; d'avoir refusé, au brigandage, de faire lire la lettre de Léon au concile; d'avoir même excommunié le paper* ; d'avoir violé les canons en refusant de répondre aux citations du présent concUe, et dans d'autres occasions. encore; bref, d'être contumace et obstiné dans sa malice. Dioscore, d'ailleurs, protestait que sa doctrine n'était autre que celle de saint Cyrille, et que, s'il n'admettait avec lui qu'une cpuatç après l'unionj il n'en repoussait pas moins tout mélange et toute conversion des natures unies ^. Les complices de Dioscore furent épargnés. Ils se repentaient, étaient nombreux, et il fallut bien reconnaître que leur faiblesse au brigandage avait quelque excuse, Théodoret, accueilli d'abord avec des cris de rage par les égyptiens, fut, dans la huitième session, déclaré orthodoxe et rétabli dans la possession de son siège. Mais on exigea de lui préalablement qu'il anathématisât nettement Nestorius, ce qu'il avait jusqu'ici refusé. Il le fit d'assez mauvaise grâce 3. Le cas d'Ibas était plus compliqué. Aux soupçons qu'inspirait sa foi s'ajoutaient des accusations relatives à l'administration deson diocèse, accusations qui avaient été déjà examinées aux synodes de Tyr et de Beyrouth. Parmi les pièces du procès se trouvait notamment la lettre

1. Cette excommunication avait été prononcée en effet peu de temps peut-être avant l'ouTerture du concile de Chalcédoine (Mansi, VI, 1010).

2. OÛTE cnJY3(U(Tivî>ÉY0(jiev, oûîeTO{Ji.Tiv oûrexpOTOi^v' àvâSejtàxqi Jéyov» ai'^yyaiv, ?| xpoTcriv, ?| àvàxpaatv (Mansi, VI, 676, 677). On verra plus loin que Dioscore, en effet, n'était pas eutychien et ne souf "^t que par politique Eutychès contre Flavien.

3. « Anathème à Nestorius et à quiconque ne dF pas que la sainte Vierge Marie est mère de Dieu, età quiconque pjÉtage en deux Gis le seul Fils unique : pour moi, j'ai souscrit la formule de foi et la lettre du très saint archevêque Léon, et c'est ainsi que je pense: :.et maintenant, portez-vous bien ! » (Mansi, VU, 189). Dans celle même session, Sophronias de Gonstaneè etiean de Germanicie durent également anathématiser Nestorius.

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qu'Ibas avait écrite à Maris d'Afdaschip, et qui devait être plus tard condamnée par le cincpiième concile général. Or, celui de Chalcédoine interrogé trouva que ces accusations n'étaient pas prouvées, et que la lettre d'Ibas établissait plutôt son orthodoxie : (c Après lecture des documents, déclarèrent les légats, nous avons reconnu , d'après la sentence . des révérendissimes évêques (Photius de Tyr et Eustathe de Beyrouth), que le révérendissime Ibas est innocent ; car sa lettre ayant été lue, nous avons reconnu qu'il est orthodoxe » (àvotYVtoôfiiffïjç Y^P '^^'i 6'TtfffoX^ç auTOÏÏ^ iTrÉYVOifjtev aôrov ÔTrapj^stv opôoSo^ov) f . Le concile s'associa à cette conclusion, et on rendit à Ibas son évêché : mais on exigea aussi de lui qu'il anathématisât Nestorius et Eutychès, ce qu'ilôt^. La question de foi fut agitée surtout dans les deuxième, quatrième et cinquième sessions. Le concile était à cet égard très irrésolu, et plus d'une fois on surprit dans l'assemblée des manifestations d'esprit monophysite nettement prononcé. Surtout, l'ensemble des Pères ne voulait pas d'une nouvelle formule de foi, etdésirait s'en tenir à l'approbation d'un certain nombre de documents, dont la doctrine représenterait sa croyance. Dans la deuxième session en effet, on fit lire et on acclama le symbole de Nicée , celui de Constantinople de 381 ', la lettre iv de saint Gy rille, à Nestorius, salettre Laetentur caeli à Jean d'Antioche et la lettre de Léon à Flavien (Pierre a parlé par la bouche de Léon!)''. Les légats ne souhaitaient pas

1. Mansi, VII, 261. Maxime d'Antioche déclara, lui aussi, orthodoxe en particulier la lettré à Maris : ôp96So?oç w^sâr], aÙToù yj ÔTiayopia {ibîd., 264). En revanche, Eunomius de Niconiédie fit remarquer, dans son vote, qu'Ibas avait plus tard rétracté ce qu'il avait dit d& Cyrille {ibiâ., 266).

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