‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 767 sur 1102 · R. Da.iGUET, Julien d'Halicarnasse, Louvain · texte numérisé non relu

R. Da.iGUET, Julien d'Halicarnasse, Louvain

traitèrent leurs adversaires dephtkartolat?'es ou corrupiicoles. Mais d'ailleurs, leur système, sous une forme adoucie, parvint à se faire admettre même dans certains milieux orthodoxes. Léonce de Byzance nous présente sous le nom d'aphthartodocètes des gens qui veulent bien que l'humanité du Christ ait été corruptible en fait, mais non pas en droit. L'humanité du Christ, disaient-ils, innocente, née d'une vierge, unie au Verbe, devait être semblable à celle d'Adam avant la chute, telle que sera la nôtre après la résurrection glorieuse, naturellement impassible et immortelle (àiraôèçxalacpOapTov). Si donc le Christ a souffert, ce n'est pas par une nécessité de sa nature (àvayxT) cpuffewç), c'est par suite du plan de l'incarnation (Xo'yw olxovouLi'aç) ; ce n'est pas que la condition de son corps l'exigeât (atofiaxoç çuaei), c'est parce qu'il l'a voulu (ôeXvîffet 6£Ôtï]to<;) ; ses souffrances furent des miracles (ÔautxaToç Xo'yw) ^ . C'est à cette doctrine adoucie que se rattacha sur la fin de sa vie (vers 565) l'empereur Justinien, qui publia en sa faveur un édit ordonnant à tous les évêques de l'enseigner 2. Il n'eut pas le temps de le faire exécuter.

Le prêtre Timothée de Constantinople qui écrivait, au commencement du vii^ siècle, son ouvrage De receptione haereticorurrij parle aussi des julianistes ou gaïanites ^, et met parmi eux les actistetes. Ces derniers cependant seraient mieuxplacés auprès de ces eutychiens que l'on a vus plus haut expliquer l'origine du corps du Sauveur par une transformation de la substance du Verbe. Poussant en effet jusqu'à l'excès la communication ou mieux l'identité des idiomes, les actistetes déclarèrent que le corps de Jésus-Christ était incréé aussi bien aue sa divinité ; d'où le surnom d'àxTiorT^Tai ou

d. LÉONCE DE Byz., loc. Cit., col. 1329, 1333, 1340. 2. EvAGKius, Hist. eccles., IV, 39.

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