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L'ÉVOLUTION DU MONOPHYSISME. 117
àxTiffTÎTai qui leur fut donné, et dont ils se vengèrent en traitant leurs adversaires de christolatres.
Dans cette voie, il ne restait plus qu'un pas à faire : identifier complètement les deux natures après l'union et en nier absolument toute différence. Ce fut le rôle d'un sophiste alexandrin, Etienne Niobé (v. 570). Il soutint que l'on ne pouvait, après l'union, distinguer ni différencier l'humanité de la divinité sans revenir au nestorianisme : oùSs t^jv Siaipopàv tSv <puu£wv [i.nrt. tJiv &»w(ïiv cjojÇe«i9ai (xvé/ovTwi eiTceïv, dit le prêtre Timothée^. Condamné par le patriarche monophysite d'Alexandrie, Damien (578-605), Niobé parvint cependant à faire des prosély-tes qui répandirent ses erreurs aux environs d'Anlioche. Il fallut qu'un concile tenu dans cette ville par Pierre de Callinique (578-591) le condamnât aussi.
§ 3. — Le monophysisme sévéxien.
Le monophysisme eutychien, dans les sectes que nous venons de nommer, avait poussé jusqu'au bout le principe de l'unité de nature en Jésus-G hrist. Mais ce n'est pas chez lui que se trouvaient les meilleures têtes ni les grands chefs de l'hérésie. A côté de ce monophysisme à tendance mystique, s'en développait un autre de sens plus rassis et plus raisonn eur. Son plus illustre représentant est Sévère d'Antioche, et c'est pourquoi on a pu l'appeler, de son nom, monophysisme sévérien ; mais, du reste, il fut soutenu avant Sévère et autour de lui par des auteurs célèbres encore, Dioscore, Timothée ^lure, puis Philoxène, Théodose d'Alexandrie, Jean de Telia, Jacques de Saroug et d'autres. Tous unanimement prétendaient rester simplement fidèles à la tradition de saint Cyrille. Cette