‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 791 sur 1102 · i, 1301 D, 1277 D; 2, 1921 CD, 1928 G · texte numérisé non relu

i, 1301 D, 1277 D; 2, 1921 CD, 1928 G

4. 2, 1917 C. Remarquons que ces caractères ou accidents individuels ne constituent pas la personne ; ils la font distinguer au detiors seulement : la personne, comme on le dira plus loin, est constituée par le fait d'exister à part et en soi.

terminent d'une façon continue l'être qu'ils affectent : ce sont des aufAêEêrixota «y^topiçToc ^ . Ils tiennent donc le milieu entre les simples accidents et les difîérences spécifiques, et c'est pourquoi Léonce ayant nommé celles-ci ttoiotyîtïç oùffiwoetç nomme les caractères individuants iroionfiTEç iTtouatcoSst; ^.

La çûffiç correspond donc à l'espèce et à l'oôffia prise au sens strict. Quant à l'hypostase ou à la personne, l'auteur l'identifie simplement, comme les cappadociens, avec l'individu ou avec la ^uatç existant à part et en soi. Mais il précise et développe les conséquences qu'il faut tirer de ce concept :

« La nature implique l'idée d'être (simplement); l'hypostase implique de plus l'idée d'être à part : la première indique l'espèce, la seconde révèle l'individu; la première porte le caractère de l'universel, la seconde sépare du commun le propre s... La notion d'hypostase se réalise donc et dans les êtres qui, identiques par leur nature, difTèrent numériquement, et dans ceux qui résultent de natures différentes [sans doute], mais qui ont entre elles un être commun et inexistent l'une dans l'autre. Quand je dis qu'elles ont un être commun, je ne veux pas parler de celles qui se complètent mutuellement au point de vue de l'essence, comme c'est le cas des substances et des prédicats essentiels que l'on nomme propriétés ; m'âis je veux parler de la nature et de l'essence de ciiacun des composants, nature qui n'est pas considérée à part (xaô' êauTi^v), mais par rapport à la nature qui lui est jointe et unie *. »

Dans cette phrase un peu laborieuse, Léonce veut dire que, puisque la notion d'hypostase requiert que l'on existe à part soi (xaO' lauTo'v), cette notion ne convient qu'aux individus ayant une existence pliysique-

i. 1, 1945 BC.

3- 'H lièv "yàp çûfft; xbv xoî5 eivai ^ôyo^ èinîÉx^'^*'* ^ 8è viz6axa.aii xal TÔv ToO xaé' éauTÔv tîvai* y.ai f| (lèv eT8ov; )>6yov iné-^a, -fi Bk toO Tiv6c c<Tttv ôijXûjTtXTi K«l r, (ikv xaBoXtxoO npâyyM-zo^ j^apaxt^px 6t)).oî" il ôè Toû xotvoù To ISiov à7roôia(rTéX>,eTai (1, 1280 AB; cf 8, 1915 A).

*. i, 1281 BD.

ment indépendante, et par conséquent ne convient pas respectivement aux parties d'un tout, ces parties fussent-elles elles-mêmes des natures ou des substances : car ces parties existent et subsistent non pas en elles-mêmes, mais dans le tout.

Ces définitions une fois données, Léonce pose en principe que la nature ne peut exister qu'individuelle, dans un individu, et conséquemment hypostasiée de quelque façon : àvuirôaTaTo; fxsv oûv çôçiç, xouréativ ouaia, oux av eÏY) «oté '. Une nature sans hypostase est une abstraction. Dès lors, il semblerait que puisque la nature humaine de Jésus-Christ existe, elle est aussi une hypostase. C'est mal conclure, continue Léonce ^. Entre être soi-même une uTconTadiç et être àvuTtoaxaxoç il y a un milieu, celui d'être IvuirôctaToç, d'exister non en soi mais dans un autre comme la partie dans le tout. C'est ce qui arrive pour l'humanité de Jésus-Christ : elle n'est pas àvuTiosTaToç, puisqu'elle existe : elle n'est pas une hypostase, puisqu'elle n'existe pas x«6' lao-n^v : mais elle est IvuTtôortaToç, parce qu'elle existe dans le Verbe à qui elle appartient, et qui lui donne le pouvoir d'exister en la recevant en lui ^.

Ce mode d'exister, cette enhypostasie'' de l'humanité est-elle possible? Notre auteur essaie de l'établir rationnellement en montrant que la nature présente des cas analogues. Ainsi, les caractères spécifiques et

3. 1, 1277 D et suiv.; 3, 1944 C. Dans ce dernier passage, Léonce touche à la question de la possibilité d'une union Iiypostatique entre le Verbe et une personne Iiumaine préexistante, dont l'hypostase ou personnalité aurait été abolie par cette union. Il se prononce pour l'afflrmative. — Sur l'origine et l'iiistoire du terme êvwjtooTaTo;, v..Jonglis, op. cit., p. 150 et suiv.

4. Léonce la déflnit ainsi : Tô 8ï évuTtcoxaTov xà y.ii elvat aura avi(i6e6T)xè; St]Xoï, S èv ixéçta éysi xo elvat, xal ovx èv éoLvxtft OEcopelrai. Être enhyposlasië convient à ce qui n'est pas un accident, et qui cependant existe en un autre et non en soi-même (1, 1377 D).

individuants, icoKynjxsç oôawoSetç ou l«ouffiwSeiç ont une manière d'exister de ce genre, puisque, d'une part, ils ne sont pas de simples accidents^et, d'autre part, ils ne sont pas des natures subsistantes (icpaY(ji«Ta ôtpeffTwaa) ' . La même chose se produit toutes les fois que deux éléments unis entre eux conservent néanmoins leur nature propre, par exemple dans l'union du corps et de l'âme, dans un flambeau allumé 2. Léonce toutefois se rend compte que ce sont là de simples comparaisons qui ne rendent qu'imparfaitement compte d'un fait unique 3.

On voit, on tout cas, le parti que Léonce pouvait tirer de sa théorie de l'IvuTuda-caTov contre les deux hérésies contraires des nestoriens et des monophysites. Puisque être çwiç n'était pas nécessairement être uirocTaffiç et TcpoffOJTTov, Ics premiors avaient tort de conclure de la dualité des natures dans le Christ à la dualité des personnes et des hypostases ; les seconds avaient tort de conclure de l'unité de l'hypostase et de la personne à l'unité de la nature. Aux nestoriens notre auteur faisait remarquer qu'il est bien vrai que le Verbe téXeioç a pris une humanité complète, -reXeia : mais que, si ces deux éléments sont complets et parfaits, considérés en eux-mêmes, ils ne sont, considérés vis-à-vis du Verbe incarné dont ils sont les éléments, que comme des parties incomplètes, comme le corps et l'âme vis-à-vis de l'homme •* . 11 n'y a donc dans le Christ qu'une per-

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