‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 798 sur 1102 · Epis t. Cyri ad Sergium, Mansi, XI · texte numérisé non relu

Epis t. Cyri ad Sergium, Mansi, XI

LE MONOTHELISMË. 163

formulaire de neuf anathématîsmes concerté entre les deux partis *. On s'y rapprochait autant que possible du langage monophysite sans en adopter la doctrine. L'union en Jésus-Christ est cpuatxiQ xe xa\ xa6' uTtooTadiv (iv); Jésus-Christ est ix. Suo çuaeoiv : il est fAia cpuaii; tou Ô£oû Ao'you ceaapxwjxÉvTj, une seule hypostase synthétique, auvÔEToç (vi). Le septième anathématisme définissait le monénergisme : on y condamnait quiconque niait « qu'il n'y eût qu'un seul Christ et Fils, opérant les actions divines et les actions humaines par une seule opération théandrique, comme le dit saint Denys ^ : les éléments dont l'union s'est faite se distinguant par la seule considération de l'esprit et le discernement de l'intelligence ».

L'accord ainsi conclu fut triomphalement annoncé par Cyrus à l'empereur et à Sergius. Celui-ci répondit par une lettre ^, dans laquelle il félicitait son collègue et approuvait la doctrine des anathématîsmes et notamment du septième : TtSera Y^p Oeia xe xai àvôpwTtîvT) Ivép- YEia, disait-il, IÇ Ivôç xa\ tow aùxoû ffEaapxcofjiÉvou AoYouwpcripi"o : et il ajoutait que telle était la doctrine de saint Léon dans le fameux passage : IvepYeî IxarÉpa piopcpTi [xsxà T^ç ôaTÉpou xoivtoviaç. Dans cette citation, remarquons-le, l'ablatif £xaTépa fJtopçîj était mis pour le-ÎÏOminatif « agit utraque forma », ce qui modifie le sens. En tout cas, si le parti impérial triomphait, les monophysites ne triomphaient pas moins de leur côté. Pour eux, la reconnaissance d'une seule opération était la reconnaissance équivalente d'une seule nature dans le Christ"*.

i. Les voir dans Mansi, \I, SÔ4-SGS; Hxnx, S 333.

2. 'EvepyouvTa ta QEonpEmj xal àvôpwniva jxiqt ôcavSpiv.^ êvEpyE(qt xaxà TÔv èv àyioii Atovudiov. Le mot èvépYEia, en lalin operatio, ne désigne pas dans celte controverse l'énergie ou la force active, maisractoi lui-même, l'opération, l'agir, to ivepYeîv

». Mansi, X, 973-976.

*. Vila Maximi, P. G., XC, 77.

Ce premier succès des monothélites fat suivi presque aussitôt (en 634) de deux autres. Une union fut conclue avec les Arméniens dissidents, qui malheureusement dura peu; et l'empereur gagna à sa cause, à condition de le reconnaître pour légitime, le patriarche monophysite d'Antioche, Anastase.

Ainsi, tout semblait aller pour le mieux pour la nouvelle doctrine et ses partisans. Une première opposition cependant venait de s'élever dont Sergius mesura de suite l'importance. Au moment de l'union avec les théodosiens, deux moines se trouvaient en Egypte, Sophronius et Maxime, dont le premier eut communication des neuf anatliématismes de 633. Sophronius en aperçut immédiatement le venin, et supplia Cyrus d'y renoncer '. N'ayant pu l'obtenir, il se rendit auprès de Sergius pour le même objet, sans plus de résultat. Même, si l'on en croit Sergius 2, celui-ci persuada à Sophronius de ne plus parler ni d'une ni de deux opérations en Jésus-Christ, et de s'en tenir à la doctrine universellement reçue des deux natures, et de l'unique personne de Jésus-Christ opérant à la fois les choses divines et humaines. Sergius en écrivit à Cyrus dans ce sens, et Sophronius revint en Palestine. Mais, sur la fin de cette^^nnée 633, ou au début de 634, Sophronius fut élu patriarche de Jérusalem. Cette circonstance changeait sa situation doctrinale. De simple fidèle il devenait juge de la foi : le silence lui parut une forfaiture. A l'occasion probablement de son intronisation (634), il tint à Jérusalem un synode qui définit la doctrine des deux opérations et des deux volontés (Suo ÔêXi^ffeiç xal IvEpyeiaç)^, puis il envoya sur ce sujet sa lettre synodale (ypa[jL[jiaTa IvepoviffTixà) au

i. Maksi, X, 691 ; XI, S32.

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