SUxsi, X
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la pecsonnEdité prise isolément en soit la cause principale ofûcace : c'est parce que la personne concrète comprend et la nature et la personnalité, c'est-à-dire exprime le tout auquel doivent être rapportées les actions et passions de la nature, partie improprement dite de ce tout.
Par conséquent, lorsqu'on dit que le Verbe incarné agtJietsouifredans et par sa nature humaine, que veut-on dire? Simplement que la nature humaine existant dans l'être du Verbe comme dans son hypostase ou sa personnalité agit et souffre, et que ces actions et passions sont légitimement attribuées au tout concret, à la personne du Verbe incarné. Le même raisonnement pourrait être fait pour la nature divine du Verbe, et nous verrions ainsi que les activités et opérations divines et humaines de Jésus-Christ, Verbe incarné, doivent être considérées comme formant deux séries parallèles * , ayant l'une et l'autre la condition de leur existence dans la personnalité du Verbe, mais procédant de chacune des deux natures comme de leur vrai principe efficient^. Ces séries, dis-je, sont parallèles et nonsubo/'données : l'activité humaine n'est pas subordonnée physiquement à l'activité divine, parce que ce n'est pas la nature divine, mais bien la personne du Verbe, simple relation subsistante, qui a fait sienne l'humanité. Si donc il y a harmonie entre ces deux activités en exercice, cette harmonie n'est pas obtenue d'une façon en quelque sorte mécanique : elle résulte ducon-
l.Le mat. parallèle ne doit point se prendre iciau sens strict et géomélrigue, puisque les deux séries ont un point commun de rencontre dans 1e Verbe; la suiteexpliqué suffisamment le sens que je lui donne.
2. C'est bien ce qu'a voulu exprimer saint Léon dans la phrase fameuse :« Agit eni m utraque forma cum alterius communione quod proprium est ». Le mot forma a l'inconvénient d'être abstrait, mais il marque bien que les natures sont, en Jésus-Christ, les principes actifs. Cette activité de chaque nature s'exerce « cum alterius comnm- Qione », pwce que les deux natures sont unies dans le Verbe.
sentement libre et spontané de Thomme réglant ses résolutions et ses actes conformément au vouloir et aux actes divins.
Ces principes ont été complètement oubliés ou méconnus parles monothélites. Sous l'influence du monophysisme sévérien qui mettait partout et toujours en relief la personne du Verbe, ou du monophysisme eutycliien qui absorbait la nature humaine dans la nature divine de Jésus-Christ; plus en arrière encore, sous l'influence de l'apollinarisme pour qui l'humanité du Christ privée d'âme humaine n'était qu'un organe mort aux mains de sa nature divine , les monothélites ont considéré la personne du Verbe comme un principe actif mouvant à son gré la nature humaine, ou ils ont fait de celle-ci une appartenance, par l'tîtoTrotrifftç, de la nature divine en Jésus -Christ. Les deux activités divine et humaine ne s'exercent plus parallèlement : l'humaine est subordonnée à la divine et, suivant l'expression de Sergius, ne s'exerce plus que a quand et de la façon, et autant que le Verbe divin le veut ».
Cette dépendance cependant peut se concevoir d'une façon plus ou moins absolue, et il y a lieu de se demander comment les monothélites l'ont entendue.
On peut imaginer d'abord que les facultés humaines, y compris la volonté, n'accomplissent plus aucun acte élicite et spontané, mais agissent uniquement sur l'ordre et sous l'impulsion de la volonté divine. Celle-ci les meut et les applique à l'action, et la volonté humaine, mue elle-même, ne fait que transmettre aux autres facultés l'impulsion divine. La volonté humaine étant ainsi réduite à l'état passif, il n'y a vraiment dans le Christ qu'un seul vouloir, Iv egXï}(xa, le U\r^\J.«. divin ou hypostatique, et il n'y a qu'une opération , {*■-« îvépYeiat, si l'on considère celle-ci dans sa source première.
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Or il n'est pas douteux que cette forme d'erreur n'ait été professée par Sergius et ses partisans. La façon dont la lettre de Sergius à Ilonorius, l'Ecthèse, et Paul de Constantinople dans sa lettre au pape Théodore représentent l'humanité du Christ comme s'étant approprié le 6£Xr,{*a Oetov xal a^tatpopov du Verbe ; comme étant uir' aÙTou (Aoyou) Sià TtavTOç, Iv iraoïv, àyofxÉvYj ts xa\ xivou|jL£vï), et par conséquent Geoxivïjto;; comme n'exerçant pas son activité propre (çii(itxy,v xi'vYjdiv) indépendamment du Verbe et en dehors de son impulsion, mais seulement ÔTtc^te, xa\ oîav, xal ^(Itiv 5 6eoç Aoyo; rjêouXsTO, prouve manifestement que ces auteurs supprimaient en Jésus-Christ homme toute spontanéité et tout acte de volonté libre. Et Macaire d'Antioche le signifia sans détour au VI« concile général, lorsque, interrogé s'il admettait en Jésus-Christ deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, il répondit : Où U^bi Siio (puoixJt OeX^Qjxaxa v\ 8uo evepyEiaç çuotxiç Itci tîjç evaâpxou otxovo(A(a( TOu Kupiou -JjuLWv '1/içou Xpt5T0u , «XX' Iv ôcXr,[jLa xa\ ÔEavSpix-Jiv ivipYSiiv^.
Mais on peut concevoir les choses d'une façon plus radicale encore, et refuser simplement à l'humanité de Jésus-Christ toute capacité propre d'agir. Cette humanité n'est plus alors qu'une substance inerte dans laquelle se répand et s'exerce l'activité divine, à peu près comme le corps reçoit de l'âme sa vie et son mouvement. Le principe dynamique est unique, et par conséquent unique aussi l'IvépytiB, l'action et opération de ce principe. C'est plus spécialement le monènergisme. Il semble bien que les monothélites en bon nombre ont reculé devant cette façon extrême de comprendre en Jésus-Christ l'unité d'opération. On a remarqué que, passé les premières années, Sergius, s'il veut que l'on
i; Mansi, XI, 3iS B.
confesse l'imité de volonté, demande: simplement que l'on se taise sur l'unité ou la dualité de l!lvépY6ta : et il ne paraît pas avoir nié l'existence, dans l'humanité de Jésus-Christ, de facultés naturelles capables d'agir. Il est probable cependant que plusieurs de ses partisans n'ont pas imité sa réserve^. C'était, en effet, la doctrine d'Apollinaire, dont le monothélisme procède évidemment, qu'en Jésus-Christ le Verbe est la force, l'énergie, le moteur, tandis que l'humanité ou plutôt le corps est l'élément passif, le mobile, l'organe. Les fragments 107 et 117 de ses œuvres^ sont péremptoires à ce point de vue : ôeôç àvaXaêwv opyavov xal bséq laxt xaOo lvÊpY«, xal âvôpwTroç xaTà to opYavov. Msvtov Bl 6eoç où [/.eTaêsêXTiTcit, 'Opyavov xa\ tb xivoïïv (/.lav TuéipuxEV àTtoTsXeîv x*iv «vépYSiav^, Or cette doctrine se retrouve dans Théodore de Pharan : Elvai (Atav Y'vwcrxeiv IvspYeiav, Tautîjç Ss xeyylrriv xal SvjfjiioupYov tov Oeov Aôyov* opYavov SI t^v âvôptriTrÔTïjTa "*, La comparaison de l'union des éléments divin et humain dans le Christ avec celle du corps et de l'âme en l'homme, que les monothélites pressaient volontiers, conduisait d'ailleurs naturellement à cette conclusion, et beaucoup ont dû n'y pas échapper.
Il est enfin une troisième façon de comprendre en Jésus-Christ l'unité d'opération et de volonté : c'est de considérer tous ses actes comme provenant d'une unique nature mixte, théandrique, dont les actes portaient le même caractère. Des euty chiens ont pu entendre ainsi l'IvépYeiot OeavSpixîi du faux Denys; mais ce n'était pas le cas de la masse des monothélites.
i. C'est l'avis de Petau, De incarnalione, VIII, cap. 4-6, et d'A. Chil-
LET, op. cit.
2. Edit. LiETZMANs, p. 232, 23S. Cf. .le deuxième volume de cette histoire, p. 100.
3. Fragm. 117. Il fut lu à la onzième session du VI* concile généralr »Unsi, XI, 449 1)E.