‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 802 sur 1102 · Massi, X, 6ft · texte numérisé non relu

Massi, X, 6ft

3. Héraelius, dan» sa répense, dont il reste ane citation, affînna que rEclhèse n'était pas de lui, mais de Sei^ius (Hassi, XI, 9;.

4. Elle se trouve dans Mansi, X, 682-686, et P. L., LXXX, C02-6OT. La lettre est de 641.

lontés contraires, Honorius avait justement condamné cette erreur. En nous, en effet, qui naissons dans le péché et qui éprouvons la loi de la chair, il existe deux volontés opposées : duos autem dico mentis et carnis invicem reluctantes ; mais en Jésus-Christ né innocent et en dehors de la convoitise, rien de semblable : il n'y avait dans sa sainte humanité qu'une volonté humaine; et c'est ce qu'avait voulu signifier Honorius. Au lieu de cela, le patriarche Pyrrhus et ses partisans le représentent comme n'ayant attribué à Jésus-Christ qu'une seule volonté, commune à la fois à la divinité et à l'humanité. Rien n'est plus faux ^ ; et d'ailleurs cette doctrine n'est pas soutenable. L'unité de volonté supposerait ou que la divinité ou l'humanité du Sauveur est incomplète, suivant que l'on admettrait que cette volonté est humaine ou qu'elle est divine, ou que les deux natures n'en font qu'une, si l'on admettait que l'unique volonté et l'unique opération viennent à la fois de la divinité et de l'humanité. — Le pape, en terminant sa lettre, demandait la suppression de l'Ecthèse.

On ne sait au juste quelle impression cette lettre produisit à Constantinople : des bouleversements survinrent qui jetèrent en scène coup sur coup d'autres acteurs. Héraclius le Jeune mourut cette année même (641) ; Héracléon fut renversé, et le trône occupé par Constant II. De son côté, le patriarche Pyrrhus fut

l.Oa remarquera que Jean IV faisait porter la défense d'Honorius uniquement sur la question de l'unité de volonté. Il ne justifiait pas son prede<"esseur d'avoir défendu de parler d'une ou de deux opération «, ft .l'avoir dit c|ue, sur ce point, l'Écriture ne donne aucun enseignoœent. De plus, il ne voyait dans le texte d'Honorius que l'affirmatiocx i'une seule volonté humaine en Jésus-Ctirist. Or Honorius avait tnoste en elfet sur l'unité de la volonté humaine, par suite de l'absence de concupiscence en Jésus-Christ, mais pour en conclure qn'il n'j avait non plus en lui qu'une seule volonté divine et humaine quant à l'ohjel voulu. Sur ce dernier point, à vrai dire, Honorius n'avait pas besoin d'être défendu.

LE MONOTHÉLISME. 179

impliqué dans la révolution : il dut s^enfuir en Afrique et reçut — sans qu'il eût donné sa démission — pour successeur un prêtre de Constantinople, Paul H (l**"^ octobre 641). Enfin, le pape Jean IV mourut le 12 octobre 642, et, à sa place, on élut Théodore (24 novembre 642). Mais la politique pontificale resta la même. Aux lettres de communion de Paul, Théodore répondit' en condamnant de nouveau l'Ecthèse — que Constant Il avait d'ailleurs retirée, — en faisant remar-« quer au patriarche que sa situation canonique n'était pas régulière, et en réclamant de lui une attitude doctrinale nette. Ces représentations furent inutiles. Pendant que Pyrrhus soutenait en Afrique, en juillet 645, contre l'abbé Maxime, la célèbre conférence dont celui-ci sortit vainqueur ^ ; pendant que, à la suite de cette victoire, un énergique mouvement conciliaire se produisait en Afrique contre le monothélisme ^, Paul de Constantinople répondant, en 647, à de nouvelles instances du pape ne sut que reproduire, en la renforçant encore, la doctrine de l'Ecthèse''. Toute opération soit divine soit humaine vient du seul Verbe incarné. Il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule volonté, parce que, autrement, il y aurait en lui deux volontés contraires et deux personnes, et parce que son humanité s'est approprié la volonté divine du Verbe, recevant en tout de lui l'impulsion et le mouvement (ôeïov ^xéxTïiTO xal àStacpopov ôgXïjfxa, uit' «ûtoïï (Aoyou) Stà «avToç àyojjiévTi as xal xivoufjL^vïj), et n'exerçant jamais de sa propre initiative et séparément de lui son activité naturelle, mais seulement quand, et de la façon, et autant que le Verbe le voulait.

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