P. G., LXXXVI, 1, col
. 5. Timothée, De recept, haeret., col. 60. M.vsPEr.o, p. 278-286.
LA THÉOLOGIE GRECQUE DU V AU Vil' SIECLE. 197
ment. Chacune d'elles est une hypostase : ce qui leur est commun est Osoç, oOata xai çuffiç. C'était aboutir à une quaternité si l'on ajoutait aux trois personnes le Dieu en soi, ou à une sorte de sabellianisme, si on les considérait comme de pures formes en qui Dieu se manifestait. De fait, les partisans de Damien furent accusés tantôt d'être des sabelliens, tantôt d'être des tétradites (TSTpaSiTat). Ce dernier nom leur resta.
Ces spéculations venues tardivement attirèrent l'attention des auteurs de basse époque, et surtout de saint Jean Damascène qui les réfuta ; mais elles n'influencèrent pas l'enseignement traditionnel trinitaire tel que le iv^ siècle l'avait formulé. Pendant le v^ siècle, cet enseignement ne fit pas de progrès sensible. Saint Cyrille et Théodoret qui, l'un et l'autre, ont écrit sur la Trinité, n'ajoutent rien, en somme, — en dehors de ce que nous dirons à propos du Saint-Esprit, — à l'œuvre de leurs devanciers. Signalons seulement l'apparition de l'expression TpoTcoiÔTrdtpIew;, modes d'existence^, pour désigner les personnes divines, expression qui se trouve dans les fragments faussement attribués à Amphiloque^, et dont on usera dans la suite ^ ; et l'emploi plus fréquent de TcposioTrov au lieu d'&Tro'eTTaaiç pour désigner ces mêmes personnes divines. Mais, chez le faux Aréopagite et chez saint Maxime, la distinction des personnes de la Trinité, comme il était à prévoir, tend à s'atténuer au profit de l'unité divine, et leur concept trinitaire se rapproche du concept occidental et surtout augustinien. Le premier, fidèle à sa dialectique, n'hésite pas à écrire que les mots unité et
1. Le mot se trouve déjà dans saint Basile, llomilia contra saoelltanos et Arium et anomoeos, P. G., XXXI, 613, dans le sens de inanicre d'exister du Saiçt-Esprit : uepi toû xpôizou Trj; {(TtipSâw; 105 Ay'^w IIv£Ojj.aTG;. Plus t^d, il prit le sons de relation subsistante.