‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 829 sur 1102 · Epis t. XX, 3, 6 (P. L., L · texte numérisé non relu

Epis t. XX, 3, 6 (P. L., L

3. In psalm. VI, v. 3 (col. 745); LXXVHI, V. 8 (col. 1197); In Inelcm, XXXV (col. 377); In loannem, I (col. 128); V (col. 7S2); Cont. Iidian., III (col. 637, 640).

4. Capit, quinq. eenten., cent. II, 26; Quaest. ad Thalass., qu. XXI iCQl. 312).

mortalité, et, bien qu'il s'efforce d'expliquer d'une façon naturelle l'absence de concupiscence entre Adam et Eve, il est bien obligé de constater cette absence ^.

Hélas ! l'homme ne sut pas conserver les prérogatives de cette condition première. Dieu, pensant à la réparation qu'il en ferait par le Christ, permit son péché ^. En conséquence, Adam devint mortel, sujet à la corruption, à la concupiscence et à l'ignorance, enclin au mal : il se trouva privé des dons divins et du Saint-Esprit. C'est la chute. Adam ne tomba pas seul : toute sa descendance avec lui et par lui connut la déchéance. Cette déchéance^ dans la théorie augustinienne et latine du péché originel, comprend deux degrés, ou, si l'on préfère, deux déchéances distinctes. Les enfants d'Adam n'héritent, pas seulement dès misères physiques (mort, douleurs, etc.) et morales (ignorance, concupiscence), peine de son péché : ils héritent de son péché lui-même : ils naissent pécheurs : il n'y a pas pour eux chute seulement, il y a faute. Comment la théologie grecque de l'époque dont nous parlons a-t-elle compris cette double déchéance?

Sur le fait qu'Adam a transmis à sa postérité la peine de son péché, que les misères physiques et morales actuelles de l'humanité sont la conséquence du péché d'Adam, on peut dire que cette théologie est unanime, et qu'à ce point de vue elle exclut formellement le pélagianisme. Indépendamment de saint Cyrille, dont les témoignages sur cet objet sont innombrables et sur qui il faudra revenir, Théodoret affirme que le péché d'Adam l'ayant rendu mortel, sujet à la corruption, à la concupiscence, au péché, Adam a engendré des enfants sujets à la mort et à la concupiscence, comme

1. Quaeit. in Gènes., Interrog. 28 (col. 125), 37 (col. 137); In psalm. I-r V. 7 (col. 1244).

S. CvniLL., Glaph. in Gènes., I (col. ï'i).

LA THÉOLOGIE GRECQUE DU V AU Vil* SIÈCLE. 209

lui-même * ; que nous avons été tous condamnés à la mort, que toute la nature humaine est devenue captive ensuite du péché d'Adam^. Dans VEranistes, m, il pousse à fond le parallèle entre Adam et Jésus-Christ, et montre les hommes solidaires de. la peine du premier comme du triomphe du second '. Saint Maxime voit dans les douleurs, la concupiscence et la mort la conséquence du péché d'Adam '' ; et l'on trouverait des passages analogues dans Théodote d'Ancyre^, Proclus deConstantinople^, saint Nil '^, saint Isidore de Péluse* et Anastase le Sinaïte^.

Sur ce premier point donc nulle difficulté; mais cette théologie, si explicite pour affirmer que nous subissons la peine du péché d'Adam, l'est beaucoup moins pour affirmer que nous héritons de son péché même. L'école d'Antioche, toujours jalouse de sauvegarder les droits et l'intégrité de la nature humaine, devait éprouver une difficulté particulière à entrer dans cette idée. De fait, Théodoret y est plutôt hostile. Il pose en principe que « l'action du péché n'est pas en nous naturelle/», « que le péché n'est pas l'œuvre de la nature, mais du choix mauvais *•* »; il interprète le Iç' <p de Rom,,\^ 12 dans le sens àe parce que, et ajoute qu'en effet « chacun de nous subit la sentence de mort non à cause du péché du premier père, mais à cause de son péché propre »

i. In psalm. L> T. 7 (col. 12)4); Quaest. in Gènes., Interr. 37 (col. 13G).

2. In psalm. LX, v. 7, 8 (col. 1326); Haeret. fabul. comp., Y ,11 (coL 492).

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