Epist, IV
3. Ctrill., In psalm. XXXVII, t. 42 (col. 964); Theodoret, In psalm. CXVIII, V. 8 (col. 1824). .
4. Theodoret, In episL I ad Timoth., II, v. 2 (col. 797) ; In epist. ad Titum, m, V. 8 (col. 869) ; Isin. Pelos., Epist. IV, 63.
B. Theodoret, Inlsaiam, LVIII, v. 9 (col. 457); Isio. Pelds., Epist. .1, 6. Tbéôdoret, In epist. ad Rom., VI, Y. 23 (col. 113).
216 HISTOIUE DES nOGAîES.
I 4. — Sotériologie *
Les controverses christologiques longuement exposées au commencement de ce volume n'ont évidemment si fort occupé la pensée chrétienne que par l'intérêt sotériologique qui s'y trouvait engagé. Le rédempteur devant être Dieu et homme à la fois, l'école d'Alexandrie visait à mettre en relief son caractère divin, celle d'Antioche à maintenir intacte sa pleine nature humaine. A ce point de vue, on ne saurait isoler, comme on le fait ici, l'exposé de la sotériologie des yp-vn^ siècles grecs de celui de leur cliristologie. Mais ce point de vue n'embrasse pas tout. Le rédempteur étant reconnu Dieu parfait et homme parfait, on peut se demander comment et par quelle voie il a réalisé son œuvre de réparation et de réconciliation : et c'est proprement l'examen des solutions émises à ce sujet par les siècles dont nous parlons qui est l'objet du présent paragraphe.
On a vu, représentées dans la théologie grecque antérieure et souvent mêlées dans les mêmes écrivains, les trois théories fondamentales de la christologie chrétienne : théorie spéculative ou mystique, théorie réaliste, théorie des droits du démon. A l'époque que nous étudions, cette dernière théorie ne se produit plus sous la forme juridique et rigoureuse que lui avait donnée saint Grégoire de Nysse. La mort de Jésus- Christ n'est plus présentée comme une rançon payée au diable, et que celui-ci avait le droit d'exiger : elle apparaît plutôt à nos auteurs comme le résultat d'un abus de pouvoir de la part du démon, lequel,
i. Sur ce sujet v. I. Rivière, Le dogme de la Rédemption, Paris, 1903, chap. xn.
pouvant i justement réclamer la mort des liommes .pécheurs et coupables — stipendiumpeceati mors, — a commis une injustice en procurant la mort de Jésus-Ghrist innocent, et, à cause de cet attentat, s'est vu, suivant les règles de réqùité, privé du droit quHl possédait sur les coupables. Sa rapacité Ha perdu : tl'erifer n'a; pu garder' le Dieu caché en J ésus- Christ sous l'appât de Inhumanité, et a dû rendre même les simples hommes qu'il avait jusque-là engloutis. Cette façon imagée et quelque peu simpliste d'expliquer notre délivrance par le Sauveur se trouve déjà dans saint Chrysostome ^ mais on la retrouve dans saint Cyrille-, dans Théodoret^, saint-Isidore de Péluse"',' saint Maxime^ et d'autres; encore ®.iElle n'est toutefois souvent qu'une façon poétique et oratoire de présenterla lutte moraleentre le principe i du bien et du salut, Jésus-Christ, et le démon, principe du mal et de la' damnation.
D'un autre côté,;la théorie spéculative qui attribue à lancarnation prise à part une efficacité rédemiptrice, par le rapprochement que cette incarnation établit entre (Dieu et l'humanité dans la personne du Verbe fait. chair, cette théorie, dis-je, semble plutôt perdre du terrain. On ne sera pas surpris cependant de la retrouver chez saint Cyrille d'Alexandrie. Elle était, pour ainsi 'parler, dans la -tFadition de soniÉglise, et cadrait d'ailleurs trop bien avec l'ensemble de sa, christologie pour qu'il la négligeât : « N'est-il pas évident et clair;par tout homme, écrit-il, qiue le Monogène
1. In loannem, homil. LXVIII, 2, 3 ',In epist. ad Rom., hom. Xin, S.