Mansi, XI
3. SociuTE, Hist. eccL, II, 8, 16, 17; Sozomènk, Hist, eceles., II, 8. *. P. G., XCI, 137, 140.
228 HISTOIRE DES DOGMESl
doute tout ce que réclamaient les papes, et les Grecs, de leur côté, donnèrent, dans la pratique, plus d'un démenti à leurs principes. En deux circonstances', la première fois à propos de l'hénotique (484-519), la seconde à propos du monothélisme (668-678), l'Eglise grecque fit schisme et se sépara de Rome. Le V® concile général lui-même se tint malgré Vigile, dont il raya le nom des diptyques; Honorius fut condamné comme complice d'hérésie par le VP concile, et les patriarches de Constantinople, Épiphane et Jean IV le Jeûneur, s'attribuèrent le titre de patriarches œcuméniques. Toutefois ces faits, en montrant que les Grecs portaient impatiemment le joug, n'infirment pas le droit reconnu; et il est curieux de. constater comment^ dans les révoltes mêmes, ce droit arrivait à se faire jour. Justinien et le concile de 553, tout en rayant des diptyques le nom de Vigile, déclarent cependant qu'ils veulent garder la communion avec le siège apostolique^^ tant cette communion avec Rome leur paraissait nécessaire pour n'être pas eux-mêmes hors de l'Église.
§ 6. — Les sacrements; le baptême; la conlirxnatiozi.
Dans le paragraphe précédent, on a considéré la hiérarchie ecclésiastique comme un pouvoir de gouvernement. Le Pseudo-Denys, lui, la considère plutôt comme un pouvoir de sanctification : l'évêque, le prêtre, le diacre sont des hiérurges. Il leur appartient donc d'initier aux mystères, de conférer les sacrements, signes sensibles, images des choses intelligibles et qui nous conduisent à elles 2. Denys compte et explique six de ces signes ou mystères : le baptême, la
i. y. plus haut, p. 1^.
2. "Ecrti yàp ta {tàv aîtrQrjTû; Upà twv vovîtôv àireixovifffjiaxa, v.aX it:' ai'y-ai x^'P^Ywyfa xat éSô; (De ecel. hier., II, 3, 2, col. 397).
côïiiirniation OU onction, l'eucfearistie, Tord're, fe profession monastique et les funérailles *. Cette liste sera répétée par d'autres auteurs : remarquons seulement qu'à l'exemple de saint Cyrille^, Denys groupe en^ semble les trois sacrements de l'initiation chrétienne, lé baptême, la confirmation et l'eucharistie 3.
A propos de l'eucharistie et du baptême, Isidore de Péluse observe explicitement qu'ils ne sont point souillés par l'incondaite du ministre qui les confère-*. Mais- une autre question se pose : Que valent les sacrements donnés par les hérétiques^^ ? C'est une question à laquelle, en Orient, on n'est pas encore absolument d'accord auv* siècle pour faire une réponse identique ; et d'ailleurs on y distingue entre hérétiqaes et hérétiques. Le concile de Nicée (can. 8) avait admis IC' baptême et l'ordination des novatiens, et exigé seulement qu'ils fussent réconciliés par l'imposition des mains. En revanche, il avait tenu pour nuls le baptême et l'ordination des paulianistes (can. 19). Quant aux clercs ordonnés par le schismatique Mélèce, il avait statué qu'ils seraient « confirmés par une imposition des mains plus sainte », {xuffrtxwTepa jjstporovi'a peê^iwÔEvreç^, cérémonie supplémentaire où l'on peut voir non. une réordination, mais une affirmation des droits du patriarche d'Alexandrie.
Ceci pour le iv* siècle. Mais au v*, en Syrie, on n'avait pas de doctrine fixe'. Le canon 68 des apôtres dé-