Epist. II, 37; III, 340 (col
■). Sur ce point particulier v. L. Saltet. Les rêordinations, Paris, <S07.
6. SocRATE, Hist. eccl., I, 9; Sozomène, Hist. eccl., I, IS. Sozomène dit que l'évêque d'Alexandrie, Pierre, rejetait le baptême des tnélëciens.
7. Sauf pour la conOrmation qui reste toujours le moyen par lequel on réconcilie les hérétiques, et que l'on ne paiise pas qu'ils confèrent validement.
clare que tout évêque, prêtre ou diacre, qui aura reçu de quelqu'un une seconde ordination, sera déposé, avec celui qui l'aura réordonné, à moins qu'il ne prouve qu'il avait reçu sa première ordination des hérétiques : « car il n'est pas possible que ceux que les hérétiques baptisent et ordonnent soient fidèles et clercs » : Tobç Y^tp irapà xotoûxwv (aîpETtxôiv) paitTtdOc'vTaç ^ ^eipoTOVY)6£VTa; oute TtiffToLç ouT£ xXïjpixoî»; eTvat Suvaxov. L'auteur de ce canon, en conformité d'ailleurs avec les Constitutions apostoliques (vi, 15), n'admet donc pas la valeur du baptême et de l'ordination des hérétiques. Seulement, comme les apôtres sont censés parler, nulle distinction n'est faite entre les hérétiques, encore qu'il ait pu en exister une. — Au contraire, l'anonyme quia écrit, au v« siècle et dans le patriarcat d'Antioche, les Quaestiones et responsiories ad orthodoxos qui se trouvent entre les Spuria de saint Justin ^ , se contente d'exiger, pour les sacrements conférés par les hérétiques, certains correctifs qui les légitimeront sans qu'on les réitère. Dans la question 14", il constate d'abord qu'en fait, on ne renouvelle pas le baptême et les ordinations des hérétiques. Or, demande-t-il, si le baptême conféré par les hérétiques est faux et vain (lij/sufffAÉvov xai fxaxaiov), pourquoi ne baptise-t-on pas à nouveau l'hérétique qui se convertit ? PourquQi reçoiton son ordination comme valide (peêat'a) ? Et il répond que l'hérésie du converti est guérie par sa nouvelle profession de foi, son baptême par l'onction du saintchrême, son ordination (^eipoTovia) par une imposition des mains (yeipoOsffîa). Sur cette ^sipoOeffia il ne fournit pas d'autre détail.
Il n'y a donc pas, en Syrie, dans la première moitié du V* siècle, de doctrine arrêtée sur la valeur dés sa-
i. Edit. Otto, III, 2; P. G., t. VI.
crements des hérétiques. Cette incertitude fait que le patriarche d'Antioche, Martyrius (460-470), s'adresse à Constantinople pour avoir une direction sur ce point. La réponse de Constantinople s'est conservée. Elle dit qu'à Constantinople on reçoit comme valide le baptême des ariens, macédoniens, sabbatiens, novatiens, quartodécimans et apollinaristes : ils sont réconciliés par l'onction du chrême ; mais on n'accepte pas leurs ordinations de prêtres, diacres, sous-diacres, chantres et lecteurs : ceux qui les ont reçues sont considérés comme simples laïcs. Quant aux eunomiens, monta* nistes, sabelliens et tous autres hérétiques, on n'admet même pas leur baptême : ceux qui l'ont reçu sont regardés comme païens * .
En somme, à Constantinople, on était plus exigeant pour l'ordination que pour le baptême, puisqu'on y repoussait les ordinations de tous les hérétiques sans exception. Allait-on maintenir cette ligne de conduite vis-à-vis des nouvelles sectes, nestoriennes et monophysites, qui avaient surgi? 11 ne paraît pas qu'on Tait fait d'abord. Les monophysites eux-mêmes, Timothée II d'Alexandrie et Sévère d'Antioche ne la suivent pas à l'égard des dyophysites qui se convertissent à leur secte 2. Sévère, en particulier, ne veut pas que l'on réconcilie les dyophysites repentants par la con-
i. G. BEVERioâE, Synodicon sive pandeetae, etc., Oxrord, 1672, II, Annotationes, p. 100; cité par Sàltet, op. cit., p. 41.
2. Un schisme se produisit même à cette occasion dans l'église monophysite d'Alexandrie. Quelques exaltés refusèrent de reconnaître les ordinations faites par le catholique Proterius, prédécesseur de Timothée, et repoussèrent la communion de celui-ci. Ces détails fournis par Sévère {Lettres inf. cit.) et par une prétendue lettre de Philoxéue à Âbou-Niphir {Revue de VOrient chrétien, 1903, p. 643 et suiv.) sont suivis, dans ce dernier document, d'une théorie de l'auteur (monophysite) sur ta valeur des sacrements des hérétiques conforme à celle des donatistes que rapporte saint Augustin {Contra Creaconium, tl, SI). Le liaptême et l'ordination conférés par les hérétiques occultes sont valides, conférés par les hérétiques déclarés sont nuls {Revue citée, p. ()39, 630).
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firmation : il jug© que même ee sacBemeM est valide chez les catholiques ^ Plus tard, le patriarche- de Constantinople, Jean le Scolastique (565-577), voulut changer cela, et, après avoir admis quelque, temps la validité des ordinations monophysites, tenta d'imposer par la force quelques réordinations épiscopales et autres. Sa tentative échoua contre la résistance des victimes et le désaveu de l'empereur 2. Au début du vii^ siècle, le prêtre Timothée écrit son De réceptions, kaereticorum^ . Il y divise les hérétiques à réconcilier en trois classes : ceux dont il faut renouveler le baptême, ou plutôt qui ont besoin d'être b&ptisés;.ceux que l'on doit oindre du saint-chrême, c'est-à-dire confirmer; enfin ceux dont le baptême et la confirmation sont valides, et qui doivent seulement anathématiser leurs erreurs. Parmi les premiers, au milieu d'hérétiques peu connus, il nomme les marciojiites, les saccophores etencratites,les sectateurs de Valentin, de Basilide, les nicolaïtes, les montanistes, les manichéens, les eunomiens, les partisans de Paul de Samosate,.de Photin et de Marcel d'Ancyre, les sabelliens, les simoniens et anciens gnostiques, les partisans de Pelage et.de Celestius (à qui l'auteur attribue des doctrines manichéennes). — Dans la seconde catégorie, ceux qui doivent être confirmés, sont rangés les quartodécimans, les novatiens ou sabbatiens, les ariens, les macédoniens, les apollinaristes. — Enfin dans la. troisième, dont on accepte le. baptême et. la confirmation, Timîothée met les- méïéciens, lés nestoriens, les dirverBeSiSecte& nïaiaophysLtes,.leS)messalien&et eucàytes.
1. Ei W. Bnooa^ The siccth\ book of the sélect lettarsof, SmsrttSi,.ll, p. 480fet suisf.
2. DieKinehenges(Mchtnxd£&JohannmioonEfthesatié^\i. Ji.SjLSchobm* FKji)ER„Miin«hen4,l862)-,.Bi.9-l7,. sa, 84v citée par, S^xBTi.opj, cs/vp.*-