‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 854 sur 1102 · Sermo de paschaie, 3 (col · texte numérisé non relu

Sermo de paschaie, 3 (col

o. Contra nestorianos et eutychianos, lU (P. G., LXXXYI, 1, col. 1SS3). 6. In Lueam, XXII, 19 (col. 912).

De voir dans les mots de ce texte : « il transfère les oblata à la vertu de sa propre chair » une anticipation de la théorie calviniste sur la présence du corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie en vertu^ il n'y faut pas songer. C'est la vertu sans doute du corps, mais aussi le corps lui-même que la consécration met dans les oblata. Mais ces oblata sont-ils convertis substantiellement au corps et au sang, saint Cyrille ne le dit pas ici, et il ne le dit pas davantage en affirmant que nous recevons le corps et le sang de Jésus-Christ ôç Iv apTw «xotl oiv(j). Son analyse s'est arrêtée au seuil même du mystère. Pour lui, le corps et le sang existent sûrement sous le pain et le vin ; mais ils n'y existent pas dans leur mode et sous leur forme naturels. Le pain et le vin sont des voiles qui doivent prévenir nos répugnances ou notre faiblesse : c'est tout ce que le saint docteur prétend ' inculquer, et ce qui suffisait à son but.

Est-ce donc que les enseignements de saint Cyrille dé Jérusalem, de saint Grégoire de Nysse et de saint Chrysostome sur la conversion des oblata avaient passé inaperçus dans l'Eglise grecque, ou se trouvaient oubliés déjà vers l'an 430-440? Non : les monophysites du moins paraissent les avoir retenus. Sévère d'Antioche dira plus tard que « dans la célébration de l'eucharistie, ce n'est pas le ministre qui, usant comme d'une puissance qui lui appartiendrait en propre, transforme le pain au corps du Christ, et la coupe de bénédiction en son sang^ ». Philoxène s'exprimera dans le même sens'. Mais l'abus que faisaient de ces enseignements certains eutychiens mettait contre eux

i. E. "W. Brooks, The sixlh book of the teleet letters of Severus, II, P. 237.

2. Traclatus de Trinilate et Incarn., p. 93 et suiv. Philoxène parle toutefois ditrércmment, p. loo.

de bons esprits en défiance ou même provoquaient des réactions ouvertes. Nous Talions constater à propos de Théodoret.

La doctrine eucharistique de Théodoret reste généralement à la surface du mystère : on ne trouve rien chez lui des hardies intuitions de saint Cyrille. En disant qu'il est un réaliste convaincu, qu'il conçoit la présence de Jésus-Christ dans l'eucharistie comme permettant au Sauveur d'être « sacrifié sans sacrifice, distribué sans division et consommé sans être détruit* »; en ajoutant qu'il attribue spécialement à la communion la vertu de remettre les péchés, encore qu'il exige que l'on soit pur pour porter à sa bouche le corps de Jésus-Christ ^, on aurait à peu près épuisé le contenu de ses affirmations sur le sacrement de l'eucharistie, si l'on ne découvrait dans son Eranistes quelques passages souverainement importants pour l'histoire de l'idée de conversion et de transsubstantia* tion dans l'Église grecque ^.

L'objet de V Eranistes (447) est, comme on le sait, la réfutation du monophysisme soutenu par certains eutychiens qui admettaient dans le Christ une confusion des deux natures, ou la conversion d'une des deux natures en l'autre, et partant la passibilité de la nature divine. Contre cette dernière erreur, Théodoret invoque le récit de l'institution à la cène. En donnant l'eucharistie comme « type de sa passion » (toC tcocQouç Tov TuTcov), Jésus-Christ n'a point parlé de sa divinité, mais bien de son corps et de son sang : Ceci est mon

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