In psolm. LXU, v. 3 (col
2. In Isaiam, YI, v. 6 (col. 268); In epist. I ad Corinth., XI, v. 27 (col. 317).
3. Sur ce qui suit, outre P. Batiffol, op. cit., p. 278 et suiv., 314 et suiv., voyez J. Leureton, Le dogme de la transsubstantiation et la théologie anliochienne du V* siècle, dans les Etudes, t. CXVII (1908), p. 47T et suiv.
corps ; ceci est mon sang. C'est donc le corps qui a été crucifié, qui,a souffert, non la divinité^.
Théodoret invoque encore le mystère eucharistique pour démontrer qu'il n'y a point eu en Jésus-Christ, même après l'ascension, conversion de l'humanité en la divinité. Les symholes mystiques (•cotfxuaTtxàcufjLSoXa) offerts par les prêtres sont les symboles d'un corps réel et d'un sang réel, car l'image doit avoir un archétype, correspondre à une réalité. Il existe donc au ciel un corps réel de Jésus-Christ dont les divins mystères^ sont les antitypes (àvuiTuTca), et qui est distinct de la divinité 2.
Mais ici le dialogue devient particulièrement intéressant. Le monophysite qui discute contre l'orthodoxe, en effet, argue à son tour de l'eucharistie pour démontrer que le corps du Seigneur, après l'ascension, a été transformé en la divinité. Avant l'épiclèse,, dit-il, on n'a sur l'autel que du pain et du vin : après la consécration on appelle les oblata le corps et le sang de Jésus-Christ, et on les reçoit comme tels dans la communion. « De même donc que les symboles du corps et du sang du Seigneur sont une chose avant l'épiclèse sacerdotale, et, après l'épiclèse, sont convertis et deviennent autre chose ([leTaêdtXX&Tai xal Exapa Yi'*sTat), ainsi le corps du Seigneur, après l'ascension, a été converti en la substance divine » (eîç Trjv oudi'av j^exeêXTiôn
T^y ôeiav) ^.
L'argument est on ne peut plus faible pour établir ce qu'avance l'eutychien, mais il prouve, comme je l'ai déjà observé, que, dans les cercles monophysites du moins, l'idée de la conversion eucharistique subsistait toujours, car il n'est pas probable que Théodoret