‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 886 sur 1102 · Cora«ra CoHaf., XII, 4; YIII · texte numérisé non relu

Cora«ra CoHaf., XII, 4; YIII

nous ne devons pas nous les attribuer comme une chose qui nous soit propre :

«... Tu (Deus) vota petentis Quae dari vis tribuis, servans largita creansque De meritis mérita, et cumulans tua dona coronisi. »

Mais alors, Dieu veut-il le salut de tous les hommes? On se rappelle combien, faute d'avoir clairement distingué entre la volonté antécédente et la volonté conséquente de Dieu, la réponse de saint Augustin à cette question est embarrassée. Celle de saint Prosper ne l'est guère moins. Il sent quelle énormité ce serait que de nier absolument que Dieu veuille sauver tous les hommes, et il écrit : « Item qui dicit quod non omnes homines velit Deus salvos fieri sed certum numerum praedestinatorum durius loquitur quam loquendum est de altitudine immutabilis gratiae Dei, qui et omnes vult salvos fieri et in agnitionem veritatis venire ^. » Il écrit encore : « Sincerissime credendum atque profitendum est Deum velle ut omnes homines salvifiant^. » Mais dans ce dernier passage même, il suppose qu'il y a des exceptions, et que Dieu a, pour les faire, des raisons qui nous échappent. Il admet que la volonté de Dieu se réalise seulement dans les prédestinés dont le nombre est immuablement fixé''. Son enseignement est donc moins net qu'il ne paraît d'abord, et si l'on remarque que, dans le poème De ingratis^^ il semble nier en fait la volonté salvifique universelle de Dieu ; que, dans sa lettre à Rufin (14), il présente du texte / Timothée, ii, 4 les mêmes explications arbitraires que saint Augustin, on est conduit à

4. De ingr., v. 983 et suiv.; cf. 611 etsuiv.; Contra Collât., XYI, 2.

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