les voir encore dans Hahn, Biblioth
avait pas été remis). 3? « Anathema illi qui per Dei praescientiam in mortem deprimi hominem dlxerit. » 4" « Anathema illi qui dixerit illum qui periit non accepisse ut salvus esse posset, id est de baptizato vel de illius aetatis pagano qui credere potuit et noluit. » 5° « Anathema illi qui dixerit quod vas contumeliae non possit assurgere ut sit vas in honorera. » 6° « Anathema illi qui dixerit quod Christus non pro omnibus mortuus sit nec omnes homines salvos esse velit. »
Lucidus finit par se soumettre, et écrivit probablement au concile de Lyon qui se tint peu après celui d'Arles — vers 474 — une lettre^ dans laquelle il accepte les décisions du concile d'Arles {iuxta praedicandi recentia statuta concilii), et développe son adhésion en énumérant un certain nombre d'erreurs qu'il condamne ^. Cette énumération renchérit un peu sur celle de Fauste.
Jusqu'ici tout était bien, et les augustiniens euxmêmes ne pouvaient qu'applaudir à ce qui venait de se passer^. Mais on ne s'en tint pas là. Fauste fut chargé
i. Encelbr., i6S; P. L., LUI, 683.
2. Ainsi il condamne : < 1° sensum illuni qui dicit laborem humanae oboedientiae divinae gratiae non esse iungendum; 2° qui dicit post primi hominis iapsum ex toto arbitrium voluntatîs extinctum ; 3° qui dicit quod ctiristus dominas et snlvator noster mortem non pro omnium salute susceperit; 4° qui dicit quod praescientia Dei liominem violenter compellat ad mortem, vel quod Dei pereaat voluntate qui pereunt; S° qui dicit quod post acceptum légitime baptismum in Adam moriatur quicumque deliquerit; 6<> qui dicit alios deputatos ad mortem, alios ad vitam praedestinatos ; 7' qui dicit ab Adam usqae ad Christum nulles ex gentibus per primam Del gratiam, id est per legem naturae in adventum Christ! fuisse salvatos, eo quod liberum arbitrium ex omnibus in primo parente perdiderint; 8° qui dicit patriarches ac proptietas , Tel suromos quosque sanctorum etiam ante redemptionis tempora in paradisi habitatione deguisse; 9° qui dicit ignés et inferna non esse >. Puis à la Gn : < Profiteor etiam aeternos ignés et infernales flammas factis capitalibus praeparatas, quia persévérantes in fînem bumanas culpas merito sequitur divina senientia. >
3. A propos de Lacidus, on s'est demandé s'il avait réellement existé, au y siècle, une secte un peu importante de prédestinatiens. Ce qui a pu faire prendre le change sur cette question est le témoi»
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de présenter en un corps de doctrine ce qui avait été décidé à propos du prédestinatianisme à Arles et à Lyon. Il se mit au travail, et écrivit le traité De gratia lïbri <3?ao% l'ouvrage qui devait rallumer la querelle. Les idées de Fauste ont été diversement appréciées, quelques critiques ne voyant dans ses formules semipélagiennes que des exagérations de parole contre le prédestinatianisme ^ ; d'autres y trouvant la doctrine semi-pélagienne parfaitement caractérisée et même rapprochée du pélagianisme rigoureux'. Quoi qu'il en soit de ce dernier jugement, le semi-pélagianisme de Fauste ne paraît pas douteux. Fauste, sans doute, déclare repousser absolument l'erreur de Pelage (i, 1, 2)'' ; il dit qu'il faut attribuer « primas partes soli gratiae » (i, 5); cette grâce est le principe de la bonne volonté et du commencement des bonnes oeuvres : « Nihil hic, ut opinpr, redolet praesumptionis, cum et hoc ipsum incessabiliter asseram quod Deo ipsam debeam voluntatem, praesertim cum in omnibus eius motibus ad opus gratiae referam vel inchoationis initia vel consummationis extrema » (ii, 10). Néanmoins, l'évêque de Riez semble bien accorder à la volonté
gnage du Fraedeitinatus (P. L., tom. LUI), qui prétend nous donner, au livre II, la teneur d'un ouvrage de la secte circulant sous le nom de saint Augustin, et poussant à l'extrême ses vues sur la prédestination. Mais la question est de savoir si cet ouvrage est un traité prédestinatien authentique ou un pamphlet ingénieux, œuvre de quelque pélagien dissimulé. Voir, en sens contraire, H. von Schubert, Dersogen. Praedestinatus, Leipzig, 1903, et D. Moum, Etudes, textes, etc., I, Paris, 1913, p. 31S. S'il a existé au v» et au vi" siècle quelques prédeslinatiens isolés, on chercherait en vain une secte de ce nom constituée et organisée.
1. Engelbr., 3 et suiv.; P. L., LVin, 183 et suîv. On remarquera que les divisions de P. L. ne correspondent pas absolument à celles d'Engelbrecht.
2. Par exemple J. Bélier, Fausti Regiensis fides in exponenda gratia Christi, Monachii, 1854.
3. Cette dernière opinion est celle notamment de R. Seeberg, Lehrb. der DG„ il, 516.
4. Toutes les références sans autre indication se rapportent au De gratia.
libre — dont il maintient énergiquement l'existence et l'action ^ — la capacité de désirer, de souhaiter^ d'appeler la grâce dont elle a besoin pour se relever, vouloir effîcacement et faire le bien : « Hominis formator et rector bonae voluntatis homini deputavit nsum, sibi reservavit effectum » (i, 9). « In centurione Cornelio, quia praecessit voluntas gratiam, ideo praevenit et gratia regenerationem » (ii, 10). « Clamât voluntas, quia sola per se elevari nescit infirmitas. Ita Dominus invitât volentem, adtrahit desiderantem, erigit adnitentem » (i, 16). En ce dernier endroit, Fauste même paraît aller plus loin, et réduire toutes les grâces à n'être que des grâces extérieures : « Quid est autem adtrahere nisi praedicare, nisi Scripturarum consolationibus excitare, increpationibus deterrere, desiderandaproponere, intentare metuenda, iudioium comminari, praemium poUiceri? »
A tous la grâce est offerte, et à tous, même à ceux dont Dieu a prévu la désobéissance, elle donne « velle et posse » (i, 16; ii, 4); mais elle ne force personne : « Placere Domino Deo suo et potuitnoUe qui voluit, et potuit velle qui noluit » (x, 11). Dieu n'impose donc pas aux hommes leur sort final, et dès lors rien n'est plus facile à résoudre que le problème de la prédestination. Autre chose en effet est la prédestination, et autre chose la prescience. Celle-ci voit simplement ou prévoit ce qui sera; celle-là décrète et fait que ceci ou cela sera (ii, 3). Or Dieu prévoit simplement ce que nous serons par notre volonté libre, et d'avance, mais en conséquence de cette prescience, nous couronne ou nous condamne ; mais il ne nous prédestine pas au ciel ou à l'enfer indépendamment de cette prescience : ce Quid de nobis praescire ac praeordinare debeat
î. Voyez r, 7, 8, 9, 10 ; 11,8, 9
LE SEMI-PÉLAGIANISME. 297
Deus, quantum pertinet ad futurum, in profectu hominis defectuque consistit » (ii, 2, 3). Fauste ne veut pas que l'on parle de prédestination même dans le cas des saints Innocents : le diable les a fait tuer et, à cette occasion. Dieu les a couronnés (ii, 3). Quant à savoir pourquoi certains enfants meurent après avoir reçu le baptême, d'autres sans l'avoir reçu, c'est là un problème obscur, insoluble, et l'on n'y doit chercher aucune lumière pour éclairer des questions pour lesquelles nous avons des données positives de solution^ comme celle du libre arbitre (i, 13).
L'écrit de Fauste ne fit pas scandale d'abord, et pendant toute la fin du v^ et les premières années du VI" siècle, les provençaux continuèrent de soutenir en paix leurs opinions. Elles transparaissent notamment dans le 2)e sc/7/?Zor/6î^s ecclesiasticis [38, 61, 84, 85) et le De ecclesiasticis dogmatibus (21, 56)^ de Gennade de Marseille. Mais le livre de Fauste fut apporté à Constantinople, et tomba entre les mains de ces moines scythes dont il a été question à propos des controverses christologiques ^. Sa doctrine les choqua. Dans la De Ckristo professio qu'ils adressèrent aux légats d'Hormisdas à leur arrivée en 419, ils déclarèrent que, depuis le péché originel, le libre arbitre ne peut désirer que « carnalia sive saecularia », et se trouve impuissant à penser et vouloir, sans l'infusicMi du Saint-Esprit, quoi que ce soit se rapportant à la vie éternelle^. En même temps, et pour se renseigner sur
1. le chap. S6 peut avoir été interpolé ; mais les chapitres 22-51, qui reproduisent les décisions du concile d'Orange de 529, sont sûrement une interpolation. — Quant aux Commenlarii in psalmos {P. L., LUI, R27), fort opposés à la prédestination augustinienne, il faut définitivement les attribuera Arnobe le Jeune (milieu du v"= siècle), l'au teur également du Conflicius Arnobii et du Praedestinatus. (Voir H. Katsf.r, Die Schriften des sogen. Arnobius junior, Giiterslob, 4912; D. MoRiN, Études, textes..., I.)