LE SEMI-PELA6IANISME
dable des divins conseils (i, 13), inévitable aboutissant, depuis qu'elle s'était formulée, de la doctrine augustinienne de la grâce.
§ 3. — Fauste et saint Fulgence.
La trêve entre augustiniens et semi-pélagiens dura tout au plus quarante ans. Un incident vint ranimer les discussions. En 452 environ, Fauste, ancien abbé deLérins, avait été fait évêque de Riez^. C'était un esprit souple et cultivé, un homme de mœurs austères, un évêque zélé et de grande réputation, mais qui avait conservé de Lérins sur la grâce les sentiments qui y dominaient. Un de ses prêtres, nommé Lucidus, étant tombé dans le prédestinatianisme, c'est-à-dire dans cette erreur qui considère les hommes comme voués dès le principe au ciel ou à l'enfer, et conduits invinciblement à l'un ou à l'autre terme, quoi qu'ils fassent, Fauste s'efforça d'abord de le ramener à une plus saine doctrine;. puis, voyant ses exhortations inutiles, il le menaça, s'il ne se rétractait, de le faire condamner par un concile d'Arles qui allait incessamment se tenir — en 473 probablement. Sa lettre^ contenait six anathématismes auxquels Lucidus devait souscrire ^ : 1* Anathème a qui nie le péché originel et la nécessité de la grâce pour le salut. 2" Anathème à qui prétend que le baptisé, s'il tombe dans le désordre, périt en Adam et par le péché originel (comme si celui-ci ne lui
4. Fauste est cité ici d'après l'édition d'A. Engblbbbcht, Fausti Rei»nsis... opéra, Vindobonae, 4891 {Corpus script, ecelesiastic. latin., tom. XXI). V. encore P. L., tom. LUI et LYriI. Travaux : A. Engelbrécht^ Studien ûber die Schriften des Bischofs von Reii Faustvs, Prag, 4889. E. SiMos, Etude sur saint Fauste, Toulon, 4879. A. Koch, Der heil. Paustus Biscfiofvon Riez, Stuttgart, 4895. Barbeshewer, t. IV, p. 582-o89.