s. Caesarii vita, I
2. Mansi, vitl, 72-2-724. Je suis ici M. Lejay, loe. cit., p. 2S0 et suiv. Un manuscrit de Namur en ajoute dix autres (Pitra, Anotecta sacra, V, 16f, 462), que D. Morin considère comme un développement ultérieur donné par Césaire à son projet de déOnition.
3. P. L.. XLV, 4861, ou LI, 427. Ce sont les sentences 22, 54, 56, 132, 212, 226, 260. 297, 299, 310, 314, 317, 325, 340, 368, 372.
4. C'est celle qui porte, dans les définitions du concile d'Orange, le numéro 10.
5. V. le texte dans P. L., XLV, 4783 ; Man5i, VIII, 712; Hahn, Biblioth., S 174 ; Hefele-Leclercq, HisL dss conciles, II, 2, p. 1093.
LE SEMI-PÉLAGIANISME. 307
1. Par la prévarication d'Adam, l'homme a été « secundum corpus et animam in deterius commutatus ».
2. La prévarication d'Adam n'a pas nui à lui seul, mais à toute sa postérité, à laquelle il a transmis et la mort du corps, peine du péché, et le péché « quod mors est animae ».
3. Ce n'est pas à la prière humaine qu'est accordée la grâce, mais c'est la grâce de Dieu qui nous fait prier ^.
4. Dieu n'attend pas que nous voulions être purifiés du péché : c'est le Saint-Esprit qui produit en nous cette volonté.
5. De même que l'accroissement de la foi, Vinitium fidei et Vipse credulitatis affectas ne viennent pas de la nature, mais sont en nous l'œuvre de la grâce.
6. Miséricorde n'est pas faite par Dieu à ceux qui croient, veulent, désirent, s'efforcent, travaillent, veillent, s'appliquent, demandent, cherchent, frappent sans la grâce ; mais c'est le Saint-Esprit qui nous fait croire, vouloir, etc., comme il faut. Et de mt^me, Vadiutorium gratiae ne s'ajoute pas à rhurnilité et à l'obéissance humaines : l'obéissance et l'humilité sont elles-mêmes une grâce de Dieu.
7. a Si quis per naturae vigorem bonum aliquid quod ad salutem pertinet vitae aeternae cogitare ut expedit, aut eligere, sive salutari, id est evangelicae praedicationi consentire posse confirmât absque illustratione et inspiratione Spiritus sancti... haeretico fallitur spiritu. »
8. Il est faux de dire que les uns viennent au baptême « misericordia », et que les autres puissent y venir « per liberum arbitrium » ; car c'est affirmer que le libre arbitre n'a pas été vicié en tous, ou du moins
1. C'est-à-dire la prière ne précède pas la grâce, mais bien une pre miére grâce la prière.
qu'il n'a pas été blessé au point que quelques-uns ne puissent sine revelatione Dei et per seipsos rechercher le mystère du salut.
9. « Divini est muneris cum et recte cogitamus et pedes nostros a falsitate et iniustitia continemas; quoties enim bona agimus, Deus in nobis atque nobiscum ut operemur operatur. »
10. « Adiutorium Dei etiam renatis ac sanctis semper est implorandum, ut ad finem bonum pervenire vel in bono possint opère perdurare. »
11. « Nemo quidquam Domino recte voverit, nisi ab ipso acceperit quod voveret. »
12. « Taies nos amat Deus quales futuri sumus ipsius dono, non quales sumus nostro merito. »
13. « Arbitrium voluntatis in primo homine infîrmatum nisi per gratiam baptismi non potest reparari : quod amissum nisi a quo potuit dari non potest reddi. »
14. a Nullus miser de quacumque miseria liberatur, nisi qui Dei misericordia praevenitur. »
15. Adam a été changé en pire par son péché, le fidèle est changé en mieux par la grâce : c'est une « mutatio dexterae Excelsi ».
16. Que personne ne se glorifie de ce qu'il a comme s'il ne l'avait pas reçu, ou ne croie l'avoir reçu parce qu'il a lu ou entendu extérieurement la parole divine : ce que l'on a vraiment, on l'a reçu de la grâce de Jésus- Christ.
17. a Fortitudinem gentium mundana cupiditas, fortitudinem autem christianorum Dei caritas facit, quae diffusa est in cordibus nostris non per voluntatis arbitrium quod est a nobis, sed per Spiritum sanctum qui datus est nobis. »
18. « Nullis meritis gratiam praevenientibus, debetur merces bonis operibus si fiant; sed gratia, qnae non debetur, praecedit ut fiant. »
LE SEMI-PÉLAGIANISME. 309
19. La nature humaine, même si elle était dans cet état d'intégrité dsins lequel elle a été créée, ne pourrait se conserver sans le secours de Dieu : à plus forte raison ne peut-elle, sans ce secours, recouvrer ce qu'elle a perdu.
20. a Multa Deus facit in homine bona quae non facit homo : nulla vero facit homo bona quae non Deus praestat ut faciat homo. »
21. De même que, si la Loi avait justifié, le Christ serait mort en vain, de même, si la grâce se confondait avec la nature, la mort du Christ aurait été inutile ; mais Jésus est mort pour remplir la Loi et réparer la nature perdue.
22. « Nemo habet de suo nisi mendacium et peccatum. » Ce que l'homme a de vérité et de justice, il le tient de Dieu.
23. « Suam voluntatem homines faciunt, non Deî, quando id agunt quod Dei displicet; quando autem id faciunt quod volunt, ut divinae serviant yoluntati, quamvis volentes agant quod agunt, illius tamen voluntas est a quo et praeparatur et iubetur quod volunt. »
24. Les fidèles vivent dans le Christ comme le rameau sur le tronc : c'est à eux par conséquent qu'il sert de rester dans le Christ, et qu'il reste en eux.
25. « Prorsus donum est diligere Deum. Ipse ut diligeretur dédit qui non dilectus diligit. Displicentes amati sumus, ut fieret in nobis unde placeremus. »
La profession de foi qui suivait les capitula en relevait les principaux enseignements, surtout celui de la nécessité de la grâce pour le commencement de toute bonne œuvre. Elle ajoutait que tous les baptisés, « Ghristo auxiliante et coopérante » , pouvaient et devaient, « si fideliter laborare voluerint, quae ad salutem pertinent adimplere ». Puis : « Aliquos vero ad malum
divina potestate praedestinatos esse non solum non credimus, sed etiam si sunt, qui tantum malum credere velint, cum omni detestatione illis anathema dicimus. »
Les signatures données, Césaire s'occupa encore d'obtenir, pour tout ce qui avait été fait et décrété à Orange, la confirmation pontificale et s'adressa de nouveau à Rome. Mais Félix IV mourut sur ces entrefaites, et ce fut son successeur, Boniface II, qui, le 25 janvier 531, répondit à l'évêque d'Arles ^. Le pape approuve, dans sa réponse, les décisions du synode et déclare sa profession de foi « consentanea catholicis Patrum regulis^ » (3). Il émet l'espoir que le zèle et la science de Césaire ramèneront à la vérité ceux qui ont été le jouet de l'erreur.
Cet espoir ne fut pas déçu, et peu à peu l'apaisement se fît en Gaule sur ces questions irritantes. On y accepta les enseignements de Césaire et de son concile. Ces enseignements d'ailleurs , tout en consacrant la doctrine de l'impuissance pour le bien du libre arbitre laissé à lui-même ^, et de la nécessité de la grâce prévenante même pour le commencement de la foi et de l'œuvre du salut, restaient muets sur les points les plus vulnérables du système augustinien, et les plus violemment contestés entre les deux partis. Rien sur la malice intrinsèque de la concupiscence; sur la transmission par elle du péché d'origine ; sur la massa d&mnata, sur le sort des enfants mourant sans baptême ; rien sur la nature de la grâce et son action