‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 909 sur 1102 · Epis t. XVII. i · texte numérisé non relu

Epis t. XVII. i

vres canoniques », comme s'exprime saint Fùlgence. Le catalogue de ces livres canoniques est déjà fixé dès la fin du IV* siècle pour l'Église latine. Un concile romain tenu sous Damase, probablement en 382, en a dressé la liste qui ne diffère pas sensiblement de notre liste actuelle ^ On la retrouve dans le quarantième canon d'un concile d'Hippone de 393 ^ et dans la lettre d'Innocent P' à saint Exupère de Toulouse^. Ces livres ont Dieu pour auteur ; « Quid est autem Scriptura sacra, demande saint Grégoire, nisi qnaedam epistula omnipotentis Deiad creaturamsuam"*?» C'est l'Esprit- Saint qui les a écrits, puisque c'est lui qui les a dictés^. Remplis de lui, mus et conduits par lui, les auteurs humains, ravis en quelque sorte hors et au-dessus d'eux-mêmes, ont pu parler de leur propre personne comme d'une personne étrangère^.

L'Écriture est d'ailleurs susceptible d'être entendue en plusieurs sens divers qui ne s'excluent pas. Â la suite de saint Jérôme, nos auteurs y distinguent, avec saint Grégoire^, un sens littéral, un sens typique (ou doctrinal) et un sens moral, ayant rapport à la conduite dé la vie ; ou, plus complètement, avecCassien*, un sens historique et un sens spirituel, leq uel se subdivise à sontouT ensens allégorique, sens anagogique (relatif aux mystères de Dieu et de la vie future) et sens tropologique ou moral. On sait avec quelle prédilection ce dernier sens a été cultivé par saint Grégoire et

i. C'est le canon contenu dans le fameux décret dit de Gélase, De libris recipiendis, P. L., LIX, 457-180.

% Hansi, III, 924 ; cf. Hef&le-Leclerc<}, Bist, des conc, II, 1, p. 89. ' 3. Epist, VI, 13 (P. L., XX, SOI}. On peut voir dans saint Ildefcnse de Tolède (De cognitione àaptistni, LXXVIII) les règles pratiques qu'il donne pour l'adoption des livres contestés.

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