‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 915 sur 1102 · Epist. LXXXII · texte numérisé non relu

Epist. LXXXII

Celte conception, je l'ai remarqué, est intimement liée à cette idée que la doctrine chrétienne, entièrement prêchée par les apôtres, doit rester immuable dans son fond. Saint Léon et saint Vincent de Lérins en effet ne manquent pas de le répéter*. Mais cependant cette immutabilité de fond n'exclut pas, observe Vincent, un certain progrès, un certain développement du dogme chrétien. On connaît la page fameuse, qui suffirait à immortaliser son nom, dans laquelle le moine de Lérins s'efforce de préciser en quoi doit consister ce développement 2. Ce doit être un développement, non un changement {ita tamen ut vere profectus sit ille fideiy non permutatio), le progrès de tous et de chacun dans l'intelligence, la science, la connaissance de la doctrine révélée, mais sans altération de la croyance antérieure [in suo duntaxat génère, îneodem scilicet dogmate, eodem sensu, eademque sententia] ; les anciens dogmes seront dégrossis, limés, polis : ils ne seront pas altérés, tronqués, mutilés; ils recevront plus d'évidence, de lumière, de précision, mais ils garderont leur plénitude, leur intégrité, leur sens propre^. C'est bien là, continue Vincent, le progrès tel que l'entend l'Eglise. Elle n'a jamais rien changé, rien ajoute ni rien retranché aux dogmes dont elle a reçu le dépôt : elie a seulement perfectionné et poli ce qui, dans l'an-

1. s. LÉON : < Una est, vera, singnlaris catholica fides cui nihil addi nec minui potest » (Epist. CXXIV, 1). Saint Vincent : » Annuntiare ergo aliquid chn'stianîs catholicis praeter id quod acceperunt nunquam 11cuit, nusquam licet, nunquam licebit ; et anatbematizare eoa qui annuntianl aliquid praeterquam quod semel acceptum est nunquam non oportuit, nusquam non oportet, nunquam non oportebit * [Commonit., 9, 24).

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