s. Grégoire Moral., X, 13-lS
infinîment simple; on ne saurait le définir par le genre et là différence spécifique : on peut dire de lui ce qu'il n'est pas; on ne peut pas dire ce qu'il est proprement*.
De ce Dieu transcendant saint Grégoire aime à célébrer la miséricorde, Salvien à proclamer la justice. Dans ses virulentes apostrophes à son siècle, le prêtre de Marseille pose en principe qu'il n'y a pas à se demander si les effets de l'action et de la Providence divines en ce monde sont justes ou injustes. Par cela même qu'ils viennent de Dieu, ils sont plus que justes^.
On a dit plus haut le grand nombre d'écrits sur la Trinité qu'avait suscités, en Afrique principalement, la controverse contre les barbares ariens. Cependant, en général, on chercherait en vain dans cette énorme littérature des principes et des points de vue nouveaux, constituant un progrès notable sur ce qu'avait écrit saint Augustin. On y. trouve surtout des textes accumulés, comme dans le Contra Maximinum de l'évêque Céréalis {^. 484), et des réfutations d'objections, comme dans les traités mis sous le nom de Vigile de Tapse. En tout cas la solution augustinienne sur la procession du Saint-Esprit a fait autorité, et, dans toute l'Eglise latine, on enseigne que le Saint-Esprit procède a Pâtre et Filio^. En Afrique, saint Ful-
1. s. Grégoire, Moral., XVI, 4o;XVlII, 82; Cassiodore, In psalm. II, vers. 7; CXLI, conclusio.
2. « Nec licet ut de his quae divino aguntur arbitrio, aliud dicas iu- Btum, aliud iniustum: quia quidquid aDeo agi vides atque convtnceris, necesse est plus quam iusium esse fatéaris » {De gubern. Dei, III, l).
3. On remarquera cependant la réserve du diacre Rusticus — le neveu (lu pape Vigile— dans son écrit Contra acephalos, qui est de 5o0iioo environ. 11 note que quelques anciens [quidam antiquorum) ont pensé que le Saint-Esprit ne procède pas du Fils comme du Père {non procedit Spirïtus a Filio sicut a Pâtre). Pour lui, il n'est pas absolument lixé sur le fait ou le mode de cette procession : « Utrum vero a Filio «odem modo quo a Pâtre procédât (Spiritus) nondum perfeete
gence^ l'auteur du Contra Vari'maditm^ et celui du livre VIII du De trinitate ^, le diacre Ferrand'' ; à Rome probablement, l'auteur d'Arnobu catholîci et Serapionis conflictus^, puis Boèce^, les papes Hormisdas'' et saint Grégoire le Grand ^, pour ne nommer que ceuxlà; en Gaule, saint Prosper^, saint Eucher *°, Fauste de Riez**, Gennade*^, Julien Pomère*', saint Césaire*-*, Avit de Vienne*^; en Espagne, Pastor de Galice *^, saint Isidore*^, saint Ildefonse*^, en témoignent clairement. Non seulement les auteurs particuliers l'admettent, mais, en Espagne, les conciles introduisent cette doctrine dans leurs professions de foi". Le
habeo satisfactum » [P. L., LXVII, 1237). Ruslicus avait vécu à Gonstantinople.
i. De fide, 52; De trinitate, II; Contra Fabianum, fragm. XVIII, col. 174; XXXVI, col. 826; etc.