Strom., I, 7, col
«. Sirom., I, «, col. 737; Strom., I, i, col. 688; V, 14, col. 173; VI, 8,
coi.saa.
A. Sirom., 1, S, col. 717 ; VI, 8, col. 288, 289 ; VI, 8, COl. 261 ; VI, 17, col. 392^
». Sirom-, I, 5, col. 717; V, 14-, VI, 2.
*. Cahort., XI, col. 229; XII, col. 237 saîT.; Sirom., I, 20, col. «13, 816;
284 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
En définissant ainsi le rôle actuel de la philosophie, Clément définissait sa propre entreprise : creuser, au moyen de la philosophie, plus avant dans la foi, transformer celle-ci en une science, la révélation en une théologie. Seulement, pendant que les pseudo-gnostiques, comme il les nomme, avaient, sous couleur du même dessein, substitué leurs rêveries à la foi, Clément voulait, lui, que cette foi restât la base (ôe|j.éXioç) de tout l'édifice. Il n'admettait pas qu'on s'écartât jamais des principes qu'elle posait, des faits qu'elle avait constatés, que l'on portât même l'investigation (Çv^tï)<jiç) sur certaines vérités exclusivement réservées à son domaine. Dans ces conditions, pensait-il, la science de la révélation ne sera pas une science humaine, d'esprit propre, mais une science divine et réglée par l'Église ^ .
Rien de plus juste que ces vues de Clément d'Alexandrie, et, si l'on doit regretter quelque chose, c'est qu'il ne les ait pas lui-même toujours strictement suivies. Il tend déjà à s'en éloigner par l'abus qu'il fait de la méthode allégorique dans l'interprétation de l'Écriture. Cette Écriture est sans doute pour lui la voie sûre de la vraie religion : il en reconnaît sans hésiter l'inspiration (OeoTtvsuffToi)^, et range dans son canon sensiblement les mêmes livres que nous ^ ; mais
y, li, col. 203; YI, 17, col. 380, 381, 385; I, 6, col. 7i!8; I, î), col. 740. Voir ici Y. Pascal, La foi et la raison dans Clément d'Alexandrie^ Montdidier, 1901.
1. Slrom., Il, 2, col. 940; V, 1, col. 12-13; VII, 10, col. «7; VII, 16, col. 544; Paed., I, 6, col. 280 suiv.
2. Cohort., VII, col. 488, 189; VIII, col. 192, 193; Strom., I, 21, col.8S3; Vlli 16; Paed., I, 6, col. 308.
3. II connaît tous les livres du Nouveau Testament sauf la deuxième épître de saint Pierre, la troisième de saint Jean, et peut-être celle de saint Jacques qu'il semljle bleu citer cependant {Strom., VI, 18, col. 397). Quant aux apocryphes et aux anciens écrits qu'il cite comme des autorités ou même comme y\ Ypaçi^ (la Didachè par exemple, Strom., I, 20, col. 817), il est difficile de définir exactement la valeur qu'il leur
OLEMËiNT D'ALEXANDRIE ET ORIGENE. 285
il adopte en exégèse les principes de Philon. Il les applique avec une entière désinvolture à l'Ancien Testament, dont les faits, sous sa plume, deviennent des symboles : vis-à-vis du Nouveau Testament il se montre ordinairement plus réservée On peut voir au VI' livre des Stromates (15 et 16, col. 356 suiv.), comment il s'explique sur la nature et la nécessité de cet allégorisme.
L'Écriture, l'enseignement de l'Eglise et des anciens, la philosophie, voilà donc, d'après Clément, les trois facteurs élémentaires de la théologie. Quelle doctrine en a-t-il composée?
Une doctrine où les deux éléments, rationnel et divin, ont laissé simultanément leurs traces, et qui juxtapose souvent plutôt qu'elle ne fond ce qui lui vient de ces deux sources.
Le Dieu de Clément est le Dieu des chrétiens sans doute, Dieu réel et concret, éminemment saint et bon, qui veille sur les hommes et qui veut leur salut-; mais aussi un Dieu conçu à la mode platonicienne, absolument transcendant. Car il est au-dessus du monde entier, de toute cause et de la pensée elle-même, audessus de l'Un et de la Monade ^.
Dans ce Dieu unique notre auteur compte trois termes. On a mis en doute qu'il les distinguât hypostatiquement. L'affirmative cependant n'est pas douteuse : Clément découvre la Trinité jusque dans Platon ''.
accorde. Son canon n'était sans doute pas parfaitement limité. Voir B. Jacquier, Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, I, p. 227, saiy.
1. Voir cependant son explication de I Corinth., ui, 2, dans Paed, I, 0, col. 29.
2. Slrom., II, a, col. 936; V, 10, col. 101; vn, 12, col. 496-497; V, 1, col. 16; YI, 17, col. 388, suiv.; Cohort. X; Paed., r, 9, col. 3S3, 336 ; II, 10 col. 517.
3 Paed., I, 8, col. 336; Strom., Y, 10, col. 100; V, H, col. 108, 109; V, *, col. 121, 1-24; VII, 1, col. 401.
Paed., I, 2, 6, co!. 280, 300; III, 12, col. 680, C8I ; Strom., V, 14, col. 156 VI, 7, col. 280; Qmîs d»t)M5oit>e<Mr, 34, col.640.
2S6 LA JUÉOLOGiE ÂNTÉNICÉENNË.
Le second terme de cette Trinité est le Logos. D'après Photius [Bihl., cod. 10&), Clément aurait admis deux êtres de ce nom,ïin Logos du Père, etiui second qui serait le Fils, mais dont ni l'un ni l'autre ne se serait proprement incarné, l'incarnation ne convenant qu'aune Suvafxt'çTtsTOu ôeoîî olov «Troppoia tou Xoyou «ùtou, à une sorte de troisième logos émané du premier. Mais il est probable que Photius s'est mépris. Clément a seulement distingué entre la raison divine immanente, attribut du Père, et le Logos personnel qui est le Fils.
Or de celui-ci notre auteur affirme immédiatement sa génération éternelle : c'est un point que l'école d'Alexandrie met fortement en relief. Cette génératiom n'a pas seulement précédé la création : elle n'a pas eu de commencement (àvapyoç), car le Père n'est Père qu'à la condition d'avoir un Fils ^ : « Cum enim dicit [loannesj //0/Z.5 I, 1) Quod erat ah initio^ generationew tangit sineprincipio filii cumpaù^e simul essiantis ^. » Le Verbe s'est avant^ (jrpoEXôwv) sans doute au moment et comme aiiteur immédiat de la création ; mais ce fait n'implique pas ea lui deux états ; il n'a ,pas subi de irpoÇoXv] ^ .
. Ainsi jaé éterjtellem«nt du P^re, le Logos lui est semblable, vraiment Dieu comme lui : ô cpavepojTaxoç avTioç Oêoç, ô Tt{) ^îo-jroTrj<) tSîv oXwv I^kjioÔciç'* : toujours présent partôiît, nulle part contenu, il est tout intelligence, il voit tout, entend tout, sait tout, gouverne tout^. Ses attributs sont les mêmes que ceux du Père : le Père est dans le Fils et réciproquement : on leur adresse à tous deux des prières : ils ne sont qu'un
\, s front., VII, 3, col. 409, 412; V, i, col. 9. a. AdumbsationeB, P. G., IX, col. 73i; STAEaLBS,III, |). aïO. 3 Strom., V, 3, col. 33; VII, 2, col. 408.
. 4. Cohori., X, «ol. 226.