S. Grec, Moral., III
mort d'un innocent il a acquitté la dette de mort qui pesait sur nous : « Eos ille a debitis suis eripuit qui pro nobis sine debito mortis mortem solvit... Qui enim pro nobis mortem carnis indebitam reddidit nos a débita animae morte liberavit^ » « Poenam peccati nostrisuscepit, ut per indebitam poenam suam debitam aboleret culpam nostram ^. » Son sang est la rançon, le prix de notre délivrance'. Dès lors, la colère divine est apaisée, et, en même temps que l'homme recueille dans lesvexemples de Jésus-Christ des leçons de sainteté, Dieu est contraint, en quelque sorte, d'arrêter les effets de sa justice :
« Quia iustus in hominibus solus (Christus) apparuit, et tamen ad poenam culpae etiam sine culpa pervenit, et hominem arguitne delinqueret, et Deo obstitit ne feriret... Patlendo ergo utrumque arguit, qui et cnlpam hominis iustitiam ' aspirando corripuit, et iram iudicis moriendo temperavit... et exemplo hominibus quae îmitarentur praebuit, et Deo in se opéra, quitus erga homines placaretur, ostendit*. »
Cet apaisement, cette disposition propice de Dieu à notre égard remonte d'ailleurs d'une certaine façon, suivant une remarque de Cassiodore, au moment même de l'incarn ation , au moment où le Pète nous donna le Christ com me prêtre et hostie ^. Ces derniers mots introduisent un nouvel aspect sous lequel nos auteurs considèrent la mort de Jésus-Christ. Cette mort est un sacrifice® : sacrifice nécessaire, observe saint Grégoire, car la faute ne pouvait être effacée que par un sacrifice, et par un sacrifice dont la victime ne fût pas un
i. s. Grég., In evangel. homil. XXXIX, 8; Moral., XYII, 47.