S. Grec, MoraL, XVII
4. S. Prosper, Jn psalm. CVIII, vers. 5; CIII, vers. 49; Cassiodore, In psalm. LXXWU, vers. S.
5. S. LÉON, Sermo LIV, 3; S. Fulg., Ad Trasimund^ I, 4S; Bède, I» / loann., IV, col. 108; In loann., m, col. 671.
6. S. LÉON, Epist. CLXV, 5; Cassiodore, In psalm.liy, coad^Bio.
veiir, potip nous racheter. Après lui, cette explication disparaît chez les latins, et l'on revient à la théorie de l'abusdu pouvoir que- saint Augustin avait préférée. Saint Lébn l'expose plusieurs fois. Dieu, bien qu'il l'eût pu, n'a pas voulu user de sa toute-puissance pour nous arracher au démon : il ^ -voulu que tout se passât suivant la justice, « magis uteretur iustitia rationis quam potestate virtutis ^ » ; et il était convenable d'ailleurs que l'humanité se délivrât eh quelque sorte ellemême, et que le diable fût vaincu par cette nature dont il avait triomphé : « ut nequitiàe hbstilis adversitas de eo quod vicerat vinceretur, et per ipsam naturam naturalis repararetur libertas per quam generalis fuerat illata captivitas ^ » . Le Verbe s'incarne donc : il prend nos infirmités et nos faiblesses : le démon y est trompé ; il croit Jésus un homme ordinaire ; il le persécute, et finalement le met à mort comme si le Sauveur lui appartenait et avait inérité ce châtiment. C'est une pure cruauté , un abus de pouvoir dont il est juste que le démon soit puni. Puisqu'ila injustement frappé l'innocent^ il perdra ses droits sur les coupables : les pécheurs deviendront libres : « Per iniustitiam plus petendî,! tbtius debiti summa vacuatur ^ » . Nous retrouvons ces mêmes idées en substance dans Fulgence Ferrand*, dans saint Césaire^, Cassiodore^, saiiit Grégoire', saint Isidore^.
Mais de plus, la poésie est venue animer ces concep-
i. SermoLXn, 2; XXTT, 3; XXVIH, 3; LVI, 1.