‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 947 sur 1102 · Epist. X · texte numérisé non relu

Epist. X

dum fundamentum pronuntiatur, dam regni caelorum iamtor constituitur, dum ligandorum solvendonimque arbiter, mansura etiam in caelis iudiciorum suorum definitione praeficitur, qualis ipsi cum Christo esset societas per îpsa appellatiônum élus mysteria nosoeremus. Qui nunc plenius et potentius ^éa quae sibi commîssa sunt iperagit... In uniyprsa namque Ecdesia Tu es Christus Filius Dei vivi quotidie Petrus dicit, et omnîs lingua quae confitetur Dominum magisterîo huius vocîs iml>uitur... His itaque modis, dilectissîmi, râtionall dbsequio oelebratur hodiema festivitas, ut in persona humilitatis meae ille intellegatur, ille honoretur, in quo et omnium pastoram sollicitudo cum commendatarum sibi ovium cuistodia persévérât, et cuius dignilas etiam in indigno haerede non •deflcîti. »

Saint Grégoire rie parle pas cette belle langue -, mais ii n'est pas pour cela moins énergique à affirmer que saint Pierre « primus erat in apostolatus culmine » ; qu'il estle prince des apôtres à qui « cura totius Bcclesiae et principatus committitur^ » ; que l'évêque de Rome est le chef de la foi {caputfidei}; qu'en matière ■de foi son jugement est souverain ; que le siège de Rome a universali Ecclesiae iura suatransmittit » ;que l'Église de Constantinople lui est soiraiise, comme les autres; que sans l'autorité et le consentement du siège apostolique, ce qui est résolu dans les synodes ne saurait avoir aucune force ^. Mais surtout ces deux grands papes firent passer, si l'on peut ainsi parler, ces idées, déjà existantes avant eux, dans la vie quotidienne de leurs contemporains, et, par la soUicitude efFeotive q[u'ils montrèrent pour toutes les églises, par leur incessante intervention dans toutes les parties du monde chrétien, firent de leur autorité œcuménique

1. Sermo III, 3, 4; V, 4. Sur l'idée que la prima atë du pape est bien de droit divin, voir le décret de Gélase, H: « Romana ecclesia BuUis synodicisconstitntis caeteris ecclesiis praelata est, sed evangelica voce iDomiai et salvatoris nostri primatum obtinuit » {Matth., XVI, 18).

2. In Ezechiel, II, homll. VI, 9; In evang. homil. XXIV, 4; EpisU y, 18, 40, col. 740, 746; VU, 40, 41.

3. Epist. III, 57; V, S4; IX, 1-2, col. 9S7; 1X^68, COl. lOOS; XIII, 37.

une réalité partout sentie * . Entue leurs .successeutsi, les papes Hornïisdas ^^ Martini*'' et Agathon ne. montEèrent pas une moindre conviction de leur droit; et l'on sait avec quelle vigueur le dernier, à l'imitation de saint Léoni, imposa sa décision doctrinale dansd' affaire monothélite. Ni l'un ni l'autre d'ailleurs ne supposèrent que l'on pût examiner à nouveau leur enseignement, ni mettre en question son orthodoxie.

D'autre part, et bien que l'Egliise se pose comme souveraine dans l'ordre spirituel en face de l'État souverain dans l'ordre temporel', leurs rapports deviennent, dans la période que nous étudions, de plus en plus étroits. L'autorité civile, affaiblie dans les rér gions restées romaines, inexpérimentée et sans culture dans les nouveaux royaumes barbares-^ s^appuie volontiers sur le prestige moral du clergé, et lui deraaaïde le secours de sa science. L'Église, dont beaucoup des envahisseurs ne sont pas moins ennemis que de î'Empirev doit recourir au bras séculier pour se défendre contre des attaques que ses anathèmes ne suffisent pas à repousser. Aussi saint Léon proclame-t-il, après saint Augustin, que le pouvoir est donné aux princes « non ad solum mundi regimen, sed maxime ad Eeclesiae praesidium"* » ; saint Fulgence, que le devoir de

1. On sait cependant que saint Grégoire repoussait pour lui-inaêrne le titre "de patriarche universel {Epist. Y, 43, col. 771 ; Yin, 30, col. 933).

2. Remarquer, dans la fameuse formule qu'Hormisdas fit souscrire aux évêques grecs en Si9, ces deux idées : i" que la règle de foi est dans la doctrine des Pères et plus spécialement dans celle du siège apostolique ; 2» que l'on ne saurait être dans la communion de l'Église qu'à la condition d'être en communion avec le siège apostoliq[ue. P. I,., LXIII, col. 444, 445.

3. V. GÉLASE, Epistî VIII : « Duo quippe sunt, imperator auguste, quibus principaliter mundus hicregitur, auctoritas sacra pontificum et regalis potestas. In quibus tanto gravius est pondus sacerdotum, quanto etiam pro ipsis regibus Domino in divino reddituri sunt examine rationem » (P. L., LIX, 42).

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