Missale mixtum (P. L., LXXXV, col
4. Missale gothicum (vi? ou vu» siècle), P. L., LXXII, col.. 246, 311 cf. 237.,
et sans[uis meusvere estpotus *. » En Angleterre, Bède écrit, il est vrai, moins clairement : « Panis et vini creatura in sacramentam carnis et sanguinis eius (Christi) inefFabili Spiritus sanctifîcatione transfertur^. » La doctrine de la conversion eucharistique s'affermit donc puisqu'elle entre dans la liturgie.
A ces témoignages cependant on oppose celui du pape Gélase dans son traité De duabus naturis in Chrîsto adversus Eutychen et Nestorium^. Dans ce traité, le pape veut prouver contre les monophy sites que, dans l'union hypostatique, les deux natures humaine et divine du Christ conservent ce qui les constitue proprement, et, pour le prouver, il argue de ce qui se passe dans l'eucharistie. Les sacrements du corps et du sang du Christ que nous recevons sont certainement chose divine (divina res est) ; et tamen esse non desinit substantia vel natura panis et vini. L'eucharistie est une image de l'incarnation : or, dans les saints mystères, les éléments eucharistiques « inhanc, scilicet in divinam transeunt, sancto Spiritu perficiente, substantiam, permanentes tamen in suae proprietate naturae » ; donc aussi, dans ce mystère principal dont l'eucharistie est l'image, « dont elle nous représente vraiment l'efficacité et la vertu », les deux natures divine et humaine gardent leur être propre dans l'unique Christ ■*. Pour que ce raisonnement soit
i. Exposit. brevis liturg. gallic. {P. L., LXXII, 93). V. aussi Fauste, Homil. r» de Paschate, col. 1033.