‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 98 sur 1102 · Cohort., XI, col · texte numérisé non relu

Cohort., XI, col

Le Verbe s'est donc incarné, s'est engendré en quelque sorte lui-même dans son incarnation, est né de David, d'une vierge : le Verbe incarné est Jésus- Christ : ô Xo'yo; ô XpuTTo';^. ,

Photius a accusé Clément de docétisme^. L'accusation n'est que partiellement vraie. Clément repousse au contraire le docétisme proprement dit : il admet en Jésus-Christ un corps réel, un sang matériel, une humanité passible^; mais il pense que son corps était affranchi des nécessités ordinaires et naturelles du boire et du manger, et son âme des mouvements des passions (àTtaôriç TTjv '^ux^v), de la tristesse et de la joie. Il rapporte même, sans la désapprouver, une tradition qui représentait la chair du Sauveur comme impalpable et n'offrant au toucher aucune résistance'*. " En somme, notre auteur reconnaît bien en Jésus- Christ deux natures : l'unique Logos est à la fois Dieu et homme : '0 Xoyoç, ô (aovo; ajjicpo), ôeoçTS xal avôpojiroç : il est l'Homme-Dieu (ô àvôptoTtoç 6eoç) qui nous est utile et comme Dieu et comme homme ^. Mais, d'autre part. Clément le regarde évidemment comme une seule personne dont la personnalité réside dans le Verbe. Les exemples de communication d'idiomes sont fréquents dans ses œuvres, et il suppose que l'union hypostatique a persévéré même pendant le triduum mortis : « Le Verbe vivant et enseveli avec le Christ est exalté avec Dieu^. »

1. Cohort., I, col. 60, 6l ; XI, col. 228, 229; Strom., V, 3, col. 33; V, U, col. 161; Paed., I, 6, col. 300; ni, i, col. 556.

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