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Fils et de son unique hypostâse synthétique. C'était lo Verbe de Dieu incarné qui produisait naturellement d lui chaque opération, sans division et sans confusion, suivant ses natures : suivant la nature divine, en laquelle il était consubstantiel au Père, l'opération divin et inexplicable ; et suivant la nature humaine, en laquel] il restait consubstantiel à nous, hommes, l'opératif»; humaine et terrestre : chaque opération convenable (!l correspondante à chaque nature » (col. 484; cf. 480).
Il est remarquable que Sophronius, qui affirme si bien deux opérations dans le Christ, ne parle nulle part de deux volontés. 11 n'ignorait pas cependant ce que Sergius pensait de ce dernier point. Mais la controverse n'avait pas encore fait éclat dans ce sens, et on ne saurait de êon silence conclure, comme on l'a fait (Dorner), que le patriarche de Jérusalem admettait, au-dessus des deux opérations, une volonté hypostatique unique. Il observait seulement que Jésus- Christ ne subissait pas involontairement et nécessairement («xoucytwc ^ (2vaYxacfT(oç) les mouvements et passions de la nature humaine, bien qu'il les subît naturellement et humainement (cpuatxwç xôjI àvôpcoTtfvto;, col. 484 et suiv.). Ce n'est pas dire que l'activité et volonté humaines fussent régies et mues par la seule volonté divine.
La troisième partie de la lettre de Sophronius (col. 489-509) s'occupait de questions étrangères à notre sujet et qu'il est inutile de rapporter ici. On y remarquera seulement l'acceptation entière de toutes les lettres de saint Léon « comme sorties de la bouche de Pierre, le coryphée des apôtres » (col. 497).
Tels sont les principaux traits de ce long document, écrit d'un style boursouflé et prolixe, la première protestation contre l'erreur monothélite.
Sergius avait dû pressentir soi. apparition, ©ar, avant
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même qu'il ne fût publié, il avait tâché — ce qui lui était du reste commandé par ailleurs — de s'en garder du côté de Rome. Le pape était alors Honorius (27 octobre 625-638). Il était capital, si Ton voulait faire quoi que ce soit de durable, de Tavoir avec soi. Aussi Sophronius était-il à peine élu patriarche, que Sergius écrivait à Honorius une lettre à laquelle plus d'un emprunt a été fait pour l'histoire des origines de cette controverse ^ . Après y avoir rapporté les événements résumés ici jusqu'à son entrevue avec Sophronius à Constantinople, Sergius continuait en plaidant perfidement la cause monothélite, bien qu'il parût ne désirer que le silence sur ces questions. A la suite de sa conférence avec Sophronius, disait-il, il avait écrit à Cyrus d'Alexandrie, pour lui recommander de ne parler ni d une seule opération, puisque cette expression, bien qu'usitée par quelques Pères, choquait certaines personnes, ni de deux opérations, puisque cela paraissait une nouveauté ert scandalisait beaucoup de gens. D'autant plus qu'admettre deux opérations conduirait à admettre en Jésus- Christ deux volontés contraires l'une à l'autre, ce qui est une impiété (iÀXà yàç) xai i-KE<sbai rauTT) to, xal 8uo Tcpeffêeuaiv ôeXT^fjiata IvavTiwi; Tcpoç àXX-TiXa ^;(OVTt, Col. 533). La doctrine des Pères en effet est que l'humanité de Jésus-Christ n'a jamais en de mouvement contraire à la volonté du Verbe qui lui était uni, mais a accompli son opération naturelle quand et comment et autant que le Verbe l'a, voulu (tt)v cpu<rixT]v aû-n^c; trotri-
ffaffôai )tivr,criv ôtcote, xai oTav, x«l o(T7]v aùroç ô Oeoç Aoyoç ^êoùXsTo, col. 536). Cette humanité était, vis-à-vis du Verbe, exactement ce qu'est notre corps vis-à-vis de l'âme qui le régit (^Y^F^^sustai), l'orne et le dispose à son