Mansi, X, 961 D
LE MONOTHELISME. 177
Voilà donc quel était le sens précis dés formules mises en avant par Sergius et par l'empereur pour se concilier les monophysites : il n'y a en Jésus-Christ K qu'une seule volonté et une seule activité vraiment spontanée et libre, l'activité et la volonté divines. L'activité de la nature humaine, si tant est qu'elle existe, leur est complètement subordonnée : l'humanité n'est aux mains du Verbe qu'un instrument docile dont il se sert, mais qui ne saurait d'ailleurs avoir aucune initiative.
C'est contre cette fausse conception de l'humanité du Christ que l'orthodoxie allait engager la lutte.
§ 2. — La réaction dyothélite jusqu'au concile de Latran de 649.
Le pape Honorius, avons-nous dit, était mort le 12 octobre 638. Son successeur Severinus, qui ne régna que deux mois, eut peut-être le temps de condamner le monothélisme ^ En tout cas, Jean IV, élu après lui, le fit condamner par un concile tenu à Rome en janvier 641 ^, et communiqua cette sentence à Héraclius ^. Héraclius mourut le 11 février de cette même année, laissant le trône à ses deux fils, Héraclius le Jeune et Héracléon. Cette circonstance amena le pape à leur écrire presque aussitôt une lettre importante dont l'objet était d'exposer la vraie doctrine, et surtout de justifier l'orthodoxie d'Honorius ^. Sergius, disait-il, ayant mandé à Honorius que quelques-uns enseignaient l'existence en Jésus-Christ de deux vo-