MA^SI, XI, 34S S
confesse l'unité de volonté, demande simplement que l'on se taise sur l'unité ou la dualité de l'Ivep^eia : et il ne paraît pas avoir nié l'existence, dans l'humanité de Jésus-Christ, de facultés naturelles capables d'agir. Il est probable cependant que plusieurs de ses partisans n'ont pas imité sa réserve ^ C'était, en effet, la doctrine d'Apollinaire, dont le monothélisme procède évidemment, qu'en Jésus-Christ le Verbe est la force, l'énergie, le moteur, tandis que l'humanité ou plutôt le corps est l'élément passif, le mobile, l'organe. Les fragments 107 et 117 de ses œuvres^ sont péremptoires à ce point de vue : ôeoç àvaXaêwv opyavov xai ôsoç eaxi xa6o evapysi, xal àvOpoiTCOç xaxà to opyoïvov. Msvtov Be 6eb; où fxexaêséXrjTai. "Opyavov xai to xivouv {xiav Trétpuxev aTroTsXsïv tyiv Ivépyeiav^. Or cette doctrine se retrouve dans Théodore de Pharan : Elvat [xi'av y'vwffxsiv Ivepyeiav, Taùxriç ôs t£J(^vit7jv xai 8y)[Aioupybv tov d&o"^ Ao'yov" opyavov Bk Tyjv àv6pco7roTr)Ta''. La
comparaison de l'union des éléments divin et humain dans le Christ avec celle du corps et de l'âme en l'homme, que les monothélites pressaient volontiers, conduisait d'ailleurs naturellement à cette conclusion, et beaucoup ont dû n'y pas échapper.
Il est enfin une troisième façon de comprendre en Jésus-Christ l'unité d'opération et de volonté : c'est de considérer tous ses actes comme provenant d'une unique nature mixte, théandrique, dont les actes portaient le même caractère. Des eutychiens ont pu entendre ainsi l'Ivspyeia ôsavSpixi] du faux Denys ; mais ce n'était pas le cas de la masse des monothélites.
4. C'est l'avis de Petàd, De incarnatione, vni, cap. 4^, et d'A. Chil- LET, op, cit.
2. Edit. LiETZMANN, p. 232, 235. Cf. e deuxième volume de cette histoire, p. 400.
3. Fragm. 417. H fut lu à la onzième session du VI» concile général» Mansi, XI, 449 DE.