‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 19 sur 424 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

sonne de l'homme, et elle-même se donne, en compensation, à cette personne. Par cette prise et par ce don, les deux prosâpons se compénètrent, sont « l'un dans l'autre » : ils ne forment plus qu'une personne, la personne du Christ, puisqu'ils perdent, dans cette union, leur être à part, et deviennent partie d'un tout. Cette unité personnelle du tout ne résulte pas cependant d'une fusion ou combinaison des prosôpons divin et humain entre eux. Pareille fusion ou combinaison n'est pas nécessaire, pas plus que la fusion ou combinaison entre eux du corps et de l'âme pour former l'unique personnalité de l'homme. Les prosôpons du Verbe et de l'homme continuent donc de subsister de quelque façon comme prosôpons subordonnés au prosôpon du Christ dont ils sont les composants ^ . Celui-ci les domine, et s'en sert comme il se sert des natures ; mais eux aussi, considérés dans le tout, se servent l'un de l'autre comme l'âme se sert du corps et le corps de l'âme. Ils s'appartiennent mutuellement et « se portent l'un l'autre ». « Il n'y a pas de condescendance pareille à celle-là, écrit Nestorius, que \q prosôpon de l'homme) soit sien [de Dieu], et que lui-même donne à l'homme son prosôpon. C'est pourquoi il [Dieu] s'est servi de son prosôpon [de l'homme], parce qu'il Ta pris pour lui 2, » Et encore : « Le Fils unique de Dieu et le Fils de l'homme, le même (formé) des deux, est dit les deux, parce qu'il a attribué (les propriétés) de leurs prosôpons à son prosôpon, et dorénavant il est désigné par celui-ci et par celui-là comme par son propre pros-

\. Il est bien difficile de savoir exactement ce que Nestorius a pensé de la persistance formelle des prosôpons du Verbe et de l'homme dans l'union. Logiquement ces prosôpons doivent disparaître, et l'auteur insiste effectivement sur l'unité personnelle de Jésus-Christ. Mais d'autre part, et comme on peut le voir par les textes, il parle de ces prosôpons comme d'éléments qui ont une existence propre.

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