‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 18 sur 424 · Livre d'Hér., p · texte numérisé non relu

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LE NESTORIANISME. 29

eu lieu l'union, de sorte que celui-ci soit celui-là, et celui-là celui-ci *. »

Mais encore, pouvons-nous savoir comment, d'après Nestorius , s'établit cette unité de personne dans le Christ? Nestorius parle souvent dans le Lwre d*HéracUde d'une sorte d'échange mutuel des personnalités entre le Verbe et l'homme, le Verbe se servant du prosôpon de l'humanité, et l'humanité se servant du prosôpon de la divinité; et l'on pourrait croire qu'il veut par là expliquer l'origine de l'unité dont nous parlons et le lien même de l'incarnation. « L'incarnation est conçue comme l'usage mutuel des deux (prosôpons) par prise et don^. » Et encore : « Les natures subsistent dans Iqmvs pro sapons et dans leurs natures, et dans le prosôpon de l'union. Quant au prosôpon naturel de l'une , l'autre se sert du même en vertu de l'union : ainsi il n'y a qu'un prosôpon pour les deux natures. Le prosôpon d'une essence se sert an prosôpon même de l'autre^. » Mais ce n'est pas ià, je crois, le fond de sa pensée. L'usage mutuel des prosôpons, dans la théorie de Nestorius, ne constitue pas l'unité personnelle de Jésus-Christ: il est seulement une conséquence de cette unité. C'est parce que Jésus-Christ, Dieu-Homme, est une seule personne par le prosôpon d'union, qu'en lui « la divinité se sert du prosôpon de l'humanité, et l'humanité de celui de la divinité'* »; c'est-à-dire que Jésus-Christ Dieu (mais toujours homme) agit en homme, et que Jésus-Christ homme (mais toujours Dieu) agit en Dieu. L'unité personnelle de Jésus-Christ est constituée par une « prise » et un « don ». La personne du Verbe prend en elle la per-

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