‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 213 sur 424 · Voyez I · texte numérisé non relu

Voyez I

LE SEMI-PÉLAGIANISME. 297

Deus, quantum pertiriet ad futurum, in profectu hominis defectuque consistit » (ii, 2, 3). Fauste ne veut pas que l'on parle de prédestination même dans le cas des saints Innocents : le diable les a fait tuer et, à cette occasion, Dieu les a couronnés (ii, 3). Quant à savoir pourquoi certains enfants meurent après avoir reçu le baptême, d'autres sans l'avoir reçu, c'est là un problème obscur, insoluble, et l'on n'y doit chercher aucune lumière pour éclairer des questions pour lesquelles nous avons des données positives de solution, comme celle du libre arbitre (i, 13).

L'écrit de Fauste ne fit pas scandale d'abord, et pendant toute la fin du v® et les premières années du vi« siècle, les provençaux continuèrent de soutenir en paix leurs opinions. Elles transparaissent notamment dansleZ)e scriptoribus ecclesiasticis (38, 61, 84, 85) et le De ecclesiasticis dogmatibus (21, 56)^ de Gennade de Marseille. Mais le livre de Fauste fut apporté à Constantinople, et tomba entre les mains de ces moines scythes dont il a été question à propos des controverses christologiques^. Sa doctrine les choqua. Dans la De Christo professio qu'ils adressèrent aux légats d'Hormisdas à leur arrivée en 419, ils déclarèrent que, depuis le péché originel, le libre arbitre ne peut désirer que « carnalia sive saecularia », et se trouve impuissant à penser et vouloir, sans l'infusion du Saint-Esprit, quoi que ce soit se rapportant à la vie éternelle^. En même temps, et pour se renseigner sur

1. Le chap. 56 peut avoir été interpolé; mais les chapitres 22-51, qui reproduisent les décisions du concile d'Orange de 529, sont sûrement une interpolation. — Quant aux Commentarii in psalmos (P. L., LUT, 327), fort opposés à la prédestination augustinienne, il faut définitivement les attribuer à Arnobe le Jeune (milieu du v° siècle), l'au leur également du Conflictus Arnobli et du Praedestinatus. (Voir H. Kayseu, Die Schriften des sogen. Arnobius junior, Gûtersloh, 1912; D. MouiN, Études, textes...^ L)

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