‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 212 sur 424 · Engelbr., 46o; P. L., LUI · texte numérisé non relu

Engelbr., 46o; P. L., LUI

2. Ainsi il condamne : « 1° sensum illum qui dicit laborem hunaanae oboedientiae divinae gratiae non esse iungendum; 2° qui dicit post primihominis lapsum ex toto arbitrium voluntatis extinctum;3" qui dicit quod Christus dominas et salvator noster mortera non pro omnium salute susceperit; 4° qui dicit quod praescientia Dei liominem violenter compellat ad mortem, vel quod Dei pereant voluntate qui pereunt; w> qui dicit quod post acceptum légitime baptismum in Àdana moriatur quicumque deliquerit; 6» qui dicit alios députâtes ad mortem, alios ad vitam praedestinatos ; 7° qui dicit ab Adam usqite ad Christum nuUos ex gentibus per primam Dei gratiam, id est per legem naturae in adventum Christi fuisse salvatos, eo quod liberum arbitrium ex omnibus in primo parente perdiderint; 8° qui dicit patriarchas ac prophetas, vel summos quosque sanctorum etiam ante rederaptionis tempora in paradisi habitatione deguisse; 9° qui dicit ignés et inferna non esse ». Puis à la fin : « Profiteor etiam aeternos ignés et infernales flammas factis capitalibus praeparatas, quia persévérantes in finem humanas culpas merito sequitur divina senlentia. »

3. A propos de Lucidus, on s'est demandé s'il avait réellement existé, au v^ siècle, une secte un peu importante de prédestinatiens. Ce qui a pu faire prendre le change sur cette question est le témoi-

LE SEMI-PELAGIANISME. 295

de présenter en un corps de doctrine ce qui avait été décidé à propos du prédestinatianisme à Arles et à Lyon. 11 se mit au travail, et écrivit le traité De gratia llhri duo\ Touvrage qui devait rallumer la querelle. Les idées de Fauste ont été diversement appréciées, quelques critiques ne voyant dans ses formules semipélagiennes que des exagérations de parole contre le prédestinatianisme 2; d'autres y trouvant la doctrine semi-pélagienne parfaitement caractérisée et même rapprochée du pélagianisme rigoureux 3. Quoi qu'il en soit de ce dernier jugement, le semi-pélagianisme de Fauste ne paraît pas douteux. Fauste, sans doute, déclare repousser absolument l'erreur de Pelage (i, 1, lY' ; il dit qu'il faut attribuer « primas partes soli gratiae » (i, 5); cette grâce est le principe de la bonne volonté et du commencement des bonnes œuvres : Nihil hic, ut opiner, redolet praesumptionis, cum et oc ipsum incessabiliter asseram quod Deo ipsam ebeam voluntatem, praesertim cum in omnibus eius motibus ad opus gratiae referam vel inchoationis initia vel consummationis extrema » (ii, 10). Néanmoins, l'évoque de Riez semble bien accorder à la volonté

gnage du Praedesiinalus (P. £.., tom. LUI), qai préteaid nous donner, au livre II, la teneur d'un ouvrage de la secte circulant sous le nom de saint Augustin, et -poussant à l'extrême ses vues sur la prédestination. Mais la question est de savoir si cet ouvrage estmn traité prédestinatien authentique ou un pamphlet ingénieux, œuvre de quelque pélagien dissimulé. Voir, en sens contraire, H. von Schubert, Dersogen. PraedesUnatus, Leipzig, 1903, et D. Morin, Etudes, teœtes^ etc., I, Paris, 1943, p. atti- S'il a existé au v« et au vi" siècle quelques prédestinatiens isolés, on chercherait en vain une secte de ce nom constituée et organisée. 4. E>'GF.LBR., 3 et suiv.; P. L., LVIII, 783 et suiv. On remarquera que les divisions de P. L. ne correspondent pas absolument à celles d'Engelbrecht.

2. Par exemple .1. Hr.LLF.R, Fau&ti Regiensis fides in exponenda graiia Christi, Mouacliii, 1854.

3. Celte dernière opinion est celle notamment de R. Seeberg, Lehrb. der DG., II, 516.

4. Toutes les références sans autre indication se rapportent au De gratia.

libre — dont il maintient énergiquement Fexistence et l'action^ — la capacité de désirer, de souhaiter, d'appeler la grâce dont elle a besoin pour se relever, vouloir efficacement et faire le bien : « Hominis formator et rector bonae voluntatis homini deputavit usum, sibi reservavit effectum » (i, 9). « In centurione Cornelio, quia praecessit voluntas gratiam, ideo praevenit et gratia regenerationem » (ii, 10). « Clamât voluntas, quia sola per se elevari nescit infirmitas. Ita Dominus invitât volentem, adtrahit desiderantem, erigit adnitentem » (i, 16). En ce dernier endroit, Fauste même paraît aller plus loin, et réduire toutes les grâces à n'être que des grâces extérieures : « Quid est autem adtrahere nisi praedicare, nisi Scripturarum consolationibus excitare, increpationibus deterrere, desiderandaproponere, intentare metuenda, iudicium comminari, praemium polliceri? »

A tous la grâce est offerte, et à tous, même à ceux dont Dieu a prévu la désobéissance, elle donne « velle et posse » (i, 16; ii, 4); mais elle ne force personne : « Placere Domino Deo suo et potuitnolle qui voluit, et potuit velle qui noluit » (i, 11). Dieu n'impose donc pas aux hommes leur sort final, et dès lors rien n'est plus facile à résoudre que le problème de la prédestination. Autre chose en effet est la prédestination, et autre chose la prescience. Celle-ci voit simplement ou prévoit ce qui sera; celle-là décrète et fait que ceci ou cela sera (ii, 3). Or Dieu prévoit simplement ce que nous serons par notre volonté libre, et d'avance, mais en conséquence de cette prescience, nous couronne ou nous condamne ; mais il ne nous prédestine pas au ciel ou à l'enfer indépendamment de cette prescience : « Quid de nobis praescire ac praeordinare debeat

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